Publié le mercredi 02 septembre 2009 à 01H00 - Vu 14 fois
D'après Jean-Louis Borloo, « les travaux doivent débuter dès février-mars 2010 pour une mise en service en 2016. Cela représente 6 000 emplois ».
MEHDI FEDOUACH
AMBIANCE rentrée des classes hier dans un luxueux salon de l'hôtel de Roquelaure, bureau de Jean-Louis Borloo. Seize collectivités territoriales, les préfets des départements concernés, les ministres Borloo (Ecologie) et Bussereau (Transport), tous assis autour d'une même table, se passent les parapheurs. Ils signent le protocole de financement de la phase 2 de la Ligne à grande vitesse européenne. 106 km entre Baudrecourt (Moselle) et Vendenheim, au nord de Strasbourg, pour la bagatelle de 2,1 milliards d'euros. « Les travaux doivent débuter dès février-mars 2010 pour une mise en service en 2016. Cela représente 6 000 emplois », précise Jean-Louis Borloo. L'ambiance bon enfant sous les ors et les lambris ne fait pas oublier les vives tensions qui avaient empêché de trouver un accord en juillet. Quand l'Etat réclame une participation des collectivités locales, celles-ci en profitent pour rappeler quelques promesses passées. Un marchandage de bonne guerre qui avait fait achopper les premières négociations. Pas question, dans un premier temps pour les collectivités marnaises et ardennaises de signer un chèque en blanc de 80 millions d'euros. L'électrification de la ligne Paris-Bâle, une liaison Châlons-Vatry-Troyes étaient, entre autres, dans la balance.
Des promesses passées non tenues. Cette fois, tout le monde a signé… ou presque. René-Paul Savary, président UMP du conseil général de la Marne, était présent mais n'a pas encore apposé son nom. « Ça s'est mieux passé que prévu, confie pourtant l'élu marnais. Nous voulons voir réaliser la prolongation du TGV-Est vers Strasbourg. Nous y apporterons 16 M€. C'est important pour le désenclavement de nos territoires. Mais l'Etat doit aussi montrer sa volonté d'une desserte ferroviaire de l'aéroport de Vatry. Nous avons des engagements écrits de sa part. Ce sera officiel quand nous aurons le contrat de projet Etat-Région entre les mains. »
Le patron du Département reste d'une extrême prudence. Il se souvient trop des promesses de l'Etat non tenues pour arracher l'accord de son prédécesseur lors de la recherche du financement de la première phase de la LGV (lire par ailleurs). « À l'époque, en 99, la Marne devait bénéficier de la modernisation de la Nationale 4 au sud du département. Il n'en a rien été. »
Cette fois, René-Paul Savary, Adeline Hazan, présidente PS de la communauté d'agglomération de Reims, et Jean-Paul Bachy, président PS du conseil régional de Champagne-Ardenne, ont fait front commun. Jean-Paul Bachy, avant de verser 28 M€, a obtenu le respect des engagements pris il y a plus de dix ans sur l'électrification de la ligne Paris-Bâle. « Réseau ferré de France a fait un geste modeste mais indispensable sur la partie champardennaise », se félicite le patron de la Région. Quant à liaison ferroviaire vers Vatry, l'Etat promet 5 M€ supplémentaires et l'inscrit au schéma national de modernisation ferroviaire : « C'est insuffisant mais c'est une première étape », veut croire Jean-Paul Bachy.
Adeline Hazan, qui apporte 32 M€ dans la corbeille, se félicite du tour du table : « Cet accord est le résultat de la parole donnée. Cette ligne France-Allemagne devait être réalisée. Ce qui était demandé au départ à Reims était trop important par rapport aux retombées pour l'agglomération. »
Pendant ce temps, Christian Poncelet, le président du conseil général des Vosges, bougonne. « Tout ça, ce n'est pas encore fait. Il faudra que les départements aient les moyens. Et en ce moment… »
Christophe PERRIN
Quand Vecten se faisait prier
Le 29 janvier 1999, Jean Falala, maire de Reims, et Jean-Claude Etienne, président du conseil régional de Champagne-Ardenne, signent le financement de la 1e phase de la LGV-Est.
Mais un élu renâcle. Albert Vecten, alors président du conseil général de la Marne, refuse. Finalement, après une ultime explication de texte et quelques promesses du gouvernement décrochées in extremis dans le bureau de Jean-Claude Gayssot, le ministre des transports de l'époque, Albert Vecten finit par signer.
Le coût de l'infrastructure était alors de 3 milliards d'euros dont 125 à la charge des collectivités champardennaises.
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