Publié le jeudi 19 juin 2008 à 01H00 - Vu 52 fois
Déchets radioactifs : un site dans le Vitryat ? Neuf cantons de la Marne, dont l’essentiel dans l’arrondissement de Vitry, sont susceptibles d’accueillir un site d’enfouissement de déchets radioactifs en 2019. Mais 3.000 communes françaises sont potentiellement concernées. ILLUSTRATION : Sompuis, St-Rémy-en-Bouzemont, Thiéblemont-Faremont, Heiltz-le-Maurupt et Vitry sont concernés.
AU nord-est et sud-est du département, les cantons de Suippes (18 communes), Ville-sur-Tourbe (17 communes), Sainte-Ménehould (27 communes), Heiltz-le-Maurupt (22 communes), Thiéblemont-Farémont (33 communes), Saint-Rémy-en-Bouzemont (20 communes), Vitry-le-François Est (16 communes), Vitry-le-François Ouest (9 communes), et Sompuis (13 communes) ont quelque chose que les autres n’auraient pas dans la Marne. Leurs caractéristiques géologiques les rendent en effet potentiellement candidats à l’accueil, en 2019, d’un centre de stockage de déchets radioactifs de faible activité à vie longue. Soit au plus 175 communes, si la totalité de ces 9 cantons est concernée.
En France, plus de 3.000 communes intéressent le ministère de l’ Écologie qui, début juin, a missionné l’Andra (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs) à qui il appartient d’instruire ce dossier. Dans la Marne, la communication est officiellement nulle sur ce sujet, du moins pour le moment. C’est tout juste si les autorités en seraient informées ! L’Andra se contente de préciser cependant que les parlementaires, les conseillers généraux, la préfecture bien sûr, sont au courant. Et que les maires directement concernés par cette recherche sont en train de recevoir un dossier explicatif. Les premières lettres seraient parties dès vendredi dernier.
Le calendrier
On en connaît beaucoup plus, en revanche, sur les objectifs de l’Andra qui cherche un terrain de très faible perméabilité essentiellement de type argileux ou marneux, pour conditionner de 100.000 à 200.000 m3 de déchets graphites et radifères de faible activité, mais dont la durée de vie est supérieure à 30 ans. Ces déchets proviendraient du démantèlement de réacteurs EDF, et de résidus de minerais exploités pour la fabrication de pots catalytiques, de composants électroniques, etc. Ces résidus sont actuellement entreposés sur des sites industriels, et l’Andra veut pouvoir les stocker en « subsurface », soit supérieure ou égale à 50 mètres.
Les candidatures des communes intéressées seront examinées dans les prochaines semaines afin que le calendrier complet de l’opération soit établi en 2009, pour une mise en service en 2019.
Nous ne sommes donc qu’au tout début de ce processus. On parle d’incitations financières liées à un accompagnement économique du futur site d’enfouissement. Il faudra qu’elles soient suffisamment conséquentes pour encourager les vocations, s’il y en a.
Jean-Michel François
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