Publié le lundi 03 novembre 2008 à 01H00 - Vu 31 fois
Pour les salariés de la Sopal, la Toussaint s'est déroulée sur le terrain. En médaillon, Nino Osselet nous montre la machine où il a eu son accident de travail. Pas de protection, il évoque des problèmes de sécurité.
Jean-Pierre Charrieau
LA Toussaint, la journée des défunts, pour les salariés de la Sopal Gascogne, ce premier week-end de novembre s'est déroulé à l'usine. « Nous irons jusqu'au bout… », lance d'emblée un des salariés.
Voici quatorze jours que la direction de Gascogne Laminates a annoncé son projet de fermeture de l'usine de Givet, une fermeture programmée à la fin de l'année impliquant le licenciement des cinquante salariés.
Des actions, des réunions, un déplacement à Dax, siège du groupe, la situation est figée. Les salariés crient leur désarroi.
Malgré la Toussaint, malgré la pluie, de jour comme de nuit, les membres du personnel se relaient devant l'usine où est activé un énorme brasier. Sur la façade de l'usine, tel un compteur, des chiffres annoncent le nombre de jours de grève.
Sur le terrain, les commentaires vont bon train. « La fermeture de Givet était programmée depuis plusieurs mois », affirment plusieurs salariés en conflit. Les conditions de travail n'ont pas cessé de se dégrader. Didier Pêcheux, représentant FO, ouvre un gros dossier où sont recensés 25 accidents du travail qui se sont déroulés depuis le début de l'année. Exemple avec celui de Nino Osselet, 54 ans, qui totalise plus de 35 années de travail à la Sopal.
« Pas de sanitaires »
« L'accident s'est déroulé le 21 mars à 21 heures. Ma main est passée dans la Buch (une machine gommeuse). Je suis resté bloqué durant 1 h 30 ». Aujourd'hui, Nino, qui en est à son 2e accident de travail, a perdu le petit doigt de sa main gauche. Les gars de la Sopal n'hésitent pas à mettre en cause la sécurité.
« Ça coûte trop cher pour mettre en conformité la machine selon une des personnes de l'encadrement », affirme un des salariés. D'ajouter : « Rendez-vous compte, le dernier accident de travail a eu lieu samedi matin… trois jours avant l'annonce de la fermeture. C'est un collègue de travail qui a emmené la personne blessée à Dinant… ».
D'autres évoquent les sanitaires. « Nous n'avons plus de WC depuis deux ans ! Il faut le voir pour le croire… ». « En mettant en place un code d'accès, ils nous ont empêchés… de faire nos besoins dans les toilettes des bureaux », les langues se délient. « On ne pouvait plus continuer comme ça. De toute façon, on est déterminé à aller jusqu'au bout. Et il y en a qui devront rendre des comptes… C'est certain », ponctue un des salariés.
Ce matin, un inspecteur du travail et un huissier sont attendus au sein même de l'usine.
Et sur le front des négociations ? « Lors de la réunion du CCE de jeudi, nous avons nommé un expert-comptable. Celui-ci devrait rendre son rapport lors à la prochaine réunion du CCE prévue le 20 novembre. L'endroit où devrait se tenir cette réunion n'a pas été déterminé », souligne Didier Pêcheux.
En attendant, à la demande de ce dernier, une réunion de CE a été programmée mercredi 5 novembre à 9 h 30 à la Cenpac (filiale de Gascogne) à Roubaix… sous réserve d'un changement entre-temps.
Pour Didier Pêcheux : « Il faut absolument débloquer la situation et ouvrir la voie du dialogue ».
Aujourd'hui lundi, les salariés de la Sopal abordent leur 14e jour de grève.
Glissez cette image dans la barre des tâches pour épingler le site







Réagissez