Publié le vendredi 21 novembre 2008
Valérie Létard a indiqué hier que certaines propositions d'un rapport allaient être étudiées.
PIERRE VERDY
Le gouvernement souhaite développer l'hébergement en familles d'accueil de personnes âgées ou handicapées, alternative à l'institution quand le maintien à domicile n'est pas possible, encore très peu pratiquée aujourd'hui en France.
Valérie Létard a indiqué hier que certaines propositions d'un rapport demandé à la députée de Meurthe-et-Moselle Valérie Rosso-Debord allaient être étudiées, touchant au statut de l'accueillant ou l'agrément.
« En 2002 et 2007, plusieurs réformes ont amélioré le dispositif, malgré cela, l'accueil familial reste très peu développé », a regretté la secrétaire d'État chargée de la Solidarité à l'occasion de la remise du rapport.
L'accueil familial est quasi-confidentiel aujourd'hui en France, ne concernant que 10.000 « accueillants » pour 14.000 personnes accueillies.
Pour l'auteur du rapport, le dispositif « qui répond aux besoins des personnes accueillies », en offrant au-delà de l'hébergement un cadre de vie familial et sécurisant, ne rencontre pas un grand succès en raison de « complexités administratives et financières ».
Les accueillants familiaux sont agréés et contrôlés par le conseil général, qui autorise l'accueil d'une à trois personnes, souvent à la demande des familles ou d'un juge de tutelle, en contrepartie d'un salaire.
Pour la personne accueillie, le coût moyen va de 1.360 à 1.500 euros, alors qu'un hébergement en institution lui coûterait en moyenne 2.000 euros par mois.
Mais le dispositif souffre du manque d'accueillants. L'activité est « difficile et éprouvante », le statut de l'accueillant échappe au code du travail et le contrat reste souvent de gré à gré.
L'accueillant ne bénéficie donc pas de tous les avantages liés à un vrai métier (absence de formation professionnelle, pas de repos organisés, pas d'aides publiques pour l'accès à l'emploi, ni de cotisations Assedic).
L'accueil de personnes âgées « suppose compétence mais aussi un tempérament solide, pourtant, nombreux sont ceux qui, travaillant dans le milieu social ou médical, souhaitent franchir le pas », souligne Valérie Rosso-Debord. « Nombreux aussi, dit-elle, sont ceux qui l'ont déjà fait mais qui souhaitent revenir en arrière tant ils se sentent abandonnés et peu reconnus dans leur travail. »
A cela s'ajoute, selon les témoignages recueillis par la députée, une image négative de l'accueil des personnes âgées, entachée « de suspicions de maltraitances financières, morales ou physiques ».
Le rapport préconise de reconnaître à l'accueillant familial un véritable statut de salarié, une demande de l'Union nationale des associations de familles d'accueil (Unafa) « depuis 1994 », rappelle son président Maurice Le Bechec, qui propose que l'accueillant familial soit rattaché à la convention d'employé de maison.




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