SGV / Patrick Le Brun : « Je ne lâcherai pas »

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Publié le mercredi 02 décembre 2009

Patrick Le Brun : « Les vignerons se mobilisent, ils veulent des éclaircissements. »

Patrick Le Brun : « Les vignerons se mobilisent, ils veulent des éclaircissements. »

J.G.-A.

Dans quel état d'esprit êtes-vous aujourd'hui ?

« J'assume ce qu'il se passe. Ce n'est pas très plaisant, mais je prends la mesure de la responsabilité que j'ai au nom de tous les vignerons qui font confiance au syndicat. Et je suis solide. »

Vous a-t-on donné les raisons de cette éviction ?

« Non, pas du tout. S'il y a une source d'inquiétude chez moi, c'est celle-ci : que me reproche-t-on réellement ? Je pense que les dossiers sont convenablement suivis au syndicat. Les dernières grandes étapes ont été franchies avec brio, dans le sens de l'équité la plus acceptable pour tous. Je pense notamment aux dernières vendanges, dont les modalités ont été très complexes à négocier. L'unité syndicale a joué un rôle prépondérant, et j'aimerais que chacun en ait conscience. Je sais que les vignerons le savent, grâce aux témoignages que je reçois au fil des heures. »

Et que vous disent-ils ?

« Ils disent que le syndicat, c'est eux. Et que la force du syndicat, c'est l'unité. Cela fait 105 ans que cela dure, et cela représente le succès d'une région tout entière. Et puis ils me disent de ne pas lâcher. Et ce n'est pas ce que j'ai l'intention de faire. »



« J'ai eu de fortes pressions »




Ce vote est-il, selon vous, lié au fait que certains administrateurs ont voulu que le SGV retire sa plainte contre l'ancien directeur Rolland Chaillon ?

« Je préfère ne pas m'exprimer sur ce sujet pour le moment. »

Vous ont-ils demandé de démissionner ?

« Oui, j'ai eu de fortes pressions dans ce sens. Et c'est ce qui me gêne, car nous avons un peu quitté cet univers syndical pour entrer dans un monde politique - que je ne juge pas - mais où il y a ce fameux vote de confiance qui intervient comme ça. Alors que dans le milieu syndical, cela devrait être un débat entre nous, entre des personnes sensées où chacun s'exprime et amène ses opinions. Ensuite un consensus aboutit, ça s'est toujours passé comme ça. Alors cette situation est un peu déstabilisante. »

Vous connaissez certains membres du conseil depuis longtemps. Vous ont-ils surpris, ou déçu ?

« Au bout de cinq ans de présidence, le cuir a pris de l'épaisseur. Alors je ne sais même plus si je dois être déçu ou pas. Mais ils m'ont surpris, oui, quelques fois, par des propos extrêmement agressifs, et non fondés. On peut se parler sans adopter cette attitude. »

Êtes-vous toujours le président du syndicat aujourd'hui ?

« Je pense que juridiquement je suis toujours le président. Cette situation aurait eu lieu en assemblée générale, devant 1.000 ou 1.500 vignerons qui auraient voté ma révocation après un débat, je l'aurais accepté sans juger quoi que ce soit. Mais la manière dont cela se passe me semble pour le moins cavalière. Est-elle vraiment raisonnée ? »

Dans quelle position cela met-il le syndicat ?

« Il ne faut pas que la situation s'éternise. Les vignerons se mobilisent, non pas pour soutenir Patrick Le Brun, mais pour demander des éclaircissements et un débat. Ce que, à titre personnel, j'exprime de tous mes vœux. Ils savent que j'applique une politique de transparence depuis mon arrivée, et c'est sans doute cela qui gêne ceux qui aiment une certaine turbidité. »

Vous demandez donc cette assemblée générale…

« Une assemblée générale extraordinaire, où tous les vignerons seront conviés et invités à s'exprimer. Il y a déjà suffisamment de sections locales mobilisées pour le faire. La question est, le conseil d'administration l'acceptera-t-il ? »

N'y est-il pas obligé ?

« Je crois qu'un conseil qui refuse de s'expliquer devant ses mandants, ce n'est pas un conseil d'administration digne de ce nom. »



« Certains se servent de la structure »




Le conseil a plutôt l'air tenté d'organiser des assemblées régionales à la place, pourquoi selon vous ?

« Oui, j'apprends cela avec surprise, mais comme ils n'ont pas l'air de vouloir respecter les statuts… Dans une querelle, si tous les membres d'une famille ne sont pas autour de la table au même moment, il y a des jeux de pouvoirs et des manipulations peuvent se produire, ce qui ne serait pas en faveur de l'unité. Il faut que tout le monde débatte ensemble. Et ensuite pourquoi pas, dans les régions, que l'on revote pour des administrateurs. Moi-même je suis prêt à repasser devant mes mandants. »

Il faudrait donc tout remettre à plat ?

« Oui. Si l'on veut sortir de cette crise par le haut, il faut percer l'abcès. »

Allez-vous contester légalement le vote du conseil d'administration ?

« Ma fonction de président depuis cinq ans fait qu'aujourd'hui je ne peux prendre aucune décision sans conseil. C'est ce que je fais. Une fois que j'aurai l'analyse et l'expertise de ces conseils, j'en ferai part aux vignerons. »

Avez-vous l'impression qu'on a mené une cabale contre vous ?

« Je n'aime pas trop jouer aux Calimero. Mais je suis là, avec quelques administrateurs, pour servir le syndicat et la profession. D'autres sont là pour se servir de la structure. Je ne l'admets pas. »



Propos recueillis par Julienne GUIHARD-AUGENDRE

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stodu51

05/12/2009 à 16h01

A voir l'article de ce matin au sujet de M. Tarlant, à quoi servent des sections locales ou une assemblée générale pour voter un nouveau président, puisque M.Tarlan est désigné d'office avec ses conspirateurs! Cela ne sert à rien de cotiser pour le sgv, nous vignerons! Loin de toutes ces magouilles financières et autres (droit de plantations).

salut

trucmuch

02/12/2009 à 19h56

Non seulement les conspirateurs deviennent complices d'une manoeuvre frauduleuse sur l'affaire de la statue (Sans parler des mouvements de fonds occultes), mais pire encore ils bafouent les statuts. Saint-Vincent priez pour ces égarés et que Saint-Louis rende rapidement justice sous une treille avant que les raisins de la colère se répandent dans les galipes.

chambouvart

02/12/2009 à 14h54

Il est réelu cet été, mais viré en automne parce qu'on lui reproche de gérer tout tout seul.... Allons ce n'est pas sérieux, imaginez une situation similaire au Prud'homme, ca ne tiendrait pas 5 minutes...
Il a voulu nettoyer les écuries d'augias, mais dans des écuries il y a de la M..

lecteurdelunion

02/12/2009 à 12h31

il y en a qui savent manipuler l'opinion vigneronne... cherchez qui !

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