Publié le mardi 26 janvier 2010 à 01H00 - Vu 139 fois
Philippe Sanchez, directeur d'Alliances Services Ardennes, compte recruter quinze personnes cette année.
Contrairement à bien des secteurs, le service à la personne ne fait pas grise mine. « Alors que 370 000 emplois ont été détruits en France l’an passé, notre secteur en a créé 16 000. Certes, on est loin des 100 000 à 300 000 postes créés les années précédentes. Mais ce solde reste positif dans une période de crise », se félicite Philippe Sanchez.
Cet Ardennais est à la tête d’Alliance Services Ardennes, à Charleville-Mézières, une jeune société de 42 salariés dont les perspectives d’embauche sont plus qu’enviables dans l’environnement actuel. « Je compte embaucher cette année quinze personnes et en faire de même pendant les deux à trois prochaines années pour atteindre un effectif de quatre-vingts à quatre-vingt-dix personnes », explique l’heureux entrepreneur.
Alliances Services Ardennes n’est pas un cas isolé, souligne celui qui anime aussi le club des entreprises de services à la personne (Club Sap) de Champagne-Ardenne. Les jeunes entreprises membres de ce club affichent actuellement des progressions de chiffre d’affaires annuelles à deux, voire… trois chiffres. « On est tous situés entre 50 % et 100 % de croissance. » De vrais ovnis pour les observateurs de l’activité économique et de l’emploi. « Attention, le service à la personne n’est pas un eldorado, on n’y fait pas fortune. Mais c’est simplement un secteur solvable où l’on réussit à vivre », prévient Philippe Sanchez.
Le boom du service à la personne est d’abord lié à un changement culturel. « On est un pays où les gens n’ont jamais été très demandeurs de service. On est plutôt du genre à faire tout soi-même. Mais les mentalités commencent à changer. »
Pour le maintien des personnes âgées et handicapées à domicile, spécialité d’Alliance Services Ardennes, le rôle de l’Apa (allocation personnalisée d’autonomie), les prestations de compensations de handicap ainsi que les aides des diverses caisses et mutuelles ont joué un rôle d’accélérateur de l’activité. Dans le même temps, les entreprises se sont professionnalisées. Sans compter que « les diverses réformes hospitalières ont conduit à faire sortir les patients le plus tôt possible des hôpitaux sans qu’il n’y ait forcément de solution derrière », remarque Philippe Sanchez.
Les déductions ou crédits d’impôts, ainsi que la TVA réduite à 5,5 %, ont, bien sûr, été un formidable levier. Ces avantages permettent en général de diviser par deux la facture du prestataire. « La moyenne étant à vingt euros de l’heure, cela revient à dix euros pour le client. C’est moins cher que le travail au noir, qui est illégal et source d’ennui. »
Reste à attirer de la main-d’œuvre. Contrairement aux idées reçues, elle est souvent qualifiée, en particulier pour la garde d’enfants et le maintien à domicile. Et plus les entreprises, qui atteignent des effectifs de plus en plus importants, recrutent maintenant à des postes d’encadrement. Avis aux vocations…
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