Publié le mardi 27 octobre 2009 à 01H00 - Vu 232 fois
Jean Lesieur, gérant d'Ecolab Énergies, devant un modèle de démonstration d'éolienne. A. GARCIA
Angel Garcia - l'Union de Reims
Le corps squelettique, un âge avancé et une tête qui tourne auraient pu lui valoir la chronique d'une disparition annoncée. Mais l'éolienne mécanique de pompage n'a pas lâché son dernier souffle ! « On a totalement revisité le concept, loin de l'image traditionnelle », explique Jean Lesieur, gérant depuis 2001 d'Ecolab Energies à Charleville-Mézières.
Il y a huit ans, peu auraient parié comme lui sur le devenir des éoliennes mécaniques de pompage. Nombre de cultivateurs (80 % de la clientèle de l'époque) se raccordaient progressivement au réseau d'eau courante. Les géants d'acier puisaient toujours leur force dans les vents pour amener aux bêtes l'eau des profondeurs terrestres… Mais moins de compères mécaniques pour les rejoindre.
Les Ets Poncelet & Cie (Aube) cèdent alors cette branche de leur activité dont la naissance remonte à 1945. Jean Lesieur en prend la charge et change le nom de l'entreprise. La « magie » du produit et la « satisfaction » de le fabriquer lui-même l'animent.
Le marché bascule en 2003
Depuis, ces éoliennes ont poussé un peu partout. Toujours en activité dans les champs ou au bord des étangs… Et de plus en plus présentes dans les villes. Quelques-unes, de ci de là, viennent même se glisser chez des particuliers. « Le marché se réorganise totalement », explique Jean Lesieur. « Mon chiffre d'affaires (autour de 220 000 euros) est stable d'une année sur l'autre, mais ma clientèle d'éleveurs ne pèse plus que 20 %, contre 80 % de clients aujourd'hui attirés pour un autre usage. »
Principaux intéressés ? Architectes et paysagistes, qui déclinent toutes les possibilités fonctionnelles, esthétiques ou symboliques de mise en valeur de l'éolienne. Jardin des plantes à Orléans, parc Lagravère à Colombes (Hauts-de-Seine), quais de Loire à Nantes… La centaine d'éoliennes vendues chaque année sème aux quatre vents.
« L'objet apporte une oxygénation au nouveau bassin (de Nantes) », expose Catherine Pierdet du Bureau des paysages Alexandre Chemetoff à Gentilly (Val-de-Marne). En février 2008, le cabinet a entamé les travaux de réaménagement du quartier du Tripode à Nantes. L'éolienne de pompage mécanique s'est présentée comme une solution à plusieurs préoccupations. « Elle sert au recyclage de l'eau du bassin, elle symbolise l'utilisation des énergies douces, elle redonne à voir d'où vient l'énergie », poursuit Catherine Pierdet.
Le souci « d'être écologiste au sens propre » a poussé Philippe Boudart à privilégier ce système plutôt qu'à recourir à l'électricité. Aux Vieux-Moulins de Thilay, où l'eau courante n'existe pas, l'eau est pompée d'un puits par la force du vent. « Une cuve dans la cave sert de stock tampon, car le pompage dépend du vent. Il faut un minimum de surveillance. » Comme quoi, les traditions sont restées dans le vent.
Tanguy Pallaver
Glissez cette image dans la barre des tâches pour épingler le site







Réagissez