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Sans-papiers, pas sans espoir

Publié le lundi 16 novembre 2009 à 01H00 - Vu 8 fois


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Françoise Mamdy (Cimade) et Marie-José Geoffroy (LDH), préoccupées du sort des sans-papiers.

Françoise Mamdy (Cimade) et Marie-José Geoffroy (LDH), préoccupées du sort des sans-papiers.

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NOUS l'appellerons Bruno. Depuis sept ans qu'il est en France, à Laon quelques mois, puis à Soissons, il n'a jamais vécu dans la clandestinité, ne s'est jamais caché, a travaillé, a cotisé, et a même signalé aux autorités ses changements d'adresse.

Aujourd'hui pourtant, Bruno est sous le coup d'une OQTF, une obligation de quitter le territoire français, suspendue très provisoirement, à la décision du tribunal administratif (TA) d'Amiens, saisi d'un recours qu'il a engagé. Natif de la République démocratique du Congo, Bruno est âgé de 41 ans. « Dans mon pays, j'étais instituteur et j'enseignais dans des écoles catholiques. Je faisais partie d'un syndicat d'enseignants et, comme j'avais une certaine expérience pour avoir milité au Rassemblement action jeunesse, j'en suis devenu secrétaire général », explique le Congolais. C'est en cette qualité que Bruno a mené la bataille contre le gouvernement de Kinshasa afin que les professeurs de la Capitale puissent être payés, « au même titre que leurs collègues de la province du Katanga que privilégiait le président Kabila ».

Arrêté et torturé

Ses activités syndicales et l'organisation de marches ont valu à Bruno de subir une première arrestation musclée. La situation des enseignants ne s'améliorant pas, de nouvelles manifestations ont été organisées. « J'ai de nouveau été arrêté et torturé. On voulait savoir qui était derrière moi. J'avais peur pour ma vie et je me suis résolu à fuir, en laissant au pays mon épouse et mes filles », raconte-t-il. En 2002, Bruno est donc entré illégalement sur le territoire français, là où vivaient déjà ses parents, aujourd'hui naturalisés Français après que son père a obtenu le statut de réfugié politique.

C'est ce même droit d'asile que Bruno pensait obtenir en s'adressant à l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (Ofpra). « Le problème, c'est qu'ils m'ont adressé une convocation à mon ancienne adresse. J'ai fait un recours, mais il a été très vite rejeté », indique le Congolais.

Finalement, début 2005, il a dû être hospitalisé et a obtenu un titre de séjour d'un an pour raison médicale. Guéri, il a trouvé un premier travail dans une société de nettoyage. Son niveau scolaire lui permettant de prétendre à mieux, il a, sur les conseils de Pôle emploi, préparé une formation dans le domaine de la logistique, qui a débouché sur des missions d'intérim, puis des contrats à durée déterminée. « J'ai refait une demande de titre de séjour en joignant ma promesse d'embauche », explique Bruno.

Rien n'y a fait. Le 13 août dernier, l'OQTF est arrivée, avec un courrier expliquant les aides au retour possibles. Si le recours au TA, examiné début décembre, suspend l'expulsion, il n'interdit pas la rétention administrative. Bruno le sait. « Je vis au jour le jour et j'arrive à garder ma sérénité, même si je crains pour ma vie, si je devais repartir chez moi. »

 


Philippe ROBIN

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khaly02

17/11/2009 à 19h11

Encore un bel exemple de notre soi-disant politique pour aider les peuples en difficulté.
Cet homme vient d'un pays dont on connait la manifestation de la politique, il travaille en France, il cotise (l'État est bien content d'encaisser) alors pourquoi cette mesure ?
d'autres personnes mériteraient de retourner chez elles.
décidément notre pays me déçoit ?
Mais c'est comme tout il y a toujours deux poids, deux mesures comme par exemple les personnes qui travaillent mais ne gagnent pas assez pour avoir un logement et dorment dans leur voiture ça aussi c'est une honte...

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