Renvoyée par l'hôpital, elle accouche chez elle

3 contributions

Publié le mardi 05 mai 2009

Après avoir sorti sa petite tête dans les toilettes, Emerick a vu le jour dans ce salon.

Après avoir sorti sa petite tête dans les toilettes, Emerick a vu le jour dans ce salon.

Angel Garcia - l'Union de Reims

LORSQU'IL sera grand, ce petit garçon aura droit plus d'une fois au récit de sa naissance. Une naissance mouvementée qui a eu lieu comme jadis : à domicile.

Dans son cas, contrairement à ce que veut l'air du temps, ce n'était ni voulu, ni chaleureux. Improvisé et violent, commencé sur la lunette des WC et fini sur le lino du salon, voilà à quoi a ressemblé l'accouchement de sa maman, Cindy Parpette, le mercredi 29 avril à 4 h 20 du matin.

« Revenez demain »

Cindy a 21 ans, David aussi. Elle est robuste, il touche une pension Cotorep pour un léger handicap mental. Ils vivent au 14e étage d'une tour de la rue des Pivoines, Ronde-Couture. Ils ont une fille, Kelly, de deux ans et demi.

Le petit frère de Kelly était prévu pour le dimanche 26 avril. Sans doute se plaisait-il dans le ventre de sa maman, puisque le 26 avril il s'y tenait encore bien au chaud.

A la maternité de l'hôpital de Manchester, ce même dimanche, on rassure la mère. « Tout va bien. Rentrez chez vous, revenez demain. »

La sage-femme qui l'ausculte le lundi 27 lui dit la même chose. Idem le mardi.

Cindy lui précise (nous dit-elle) qu'elle fait tous les trajets en bus car elle et son compagnon n'ont pas de voiture. Elle rentre chez elle inquiète. Dans la nuit qui suit, Cindy éprouve de petites douleurs. Elle a déjà donné la vie : ce ne sont pas des contractions sérieuses, pense-t-elle.

« Mes deux mains pour le retenir »

Mais à 4 h 15 du matin, cette fois elle ne peut plus douter. La douleur est intense. Elle file aux toilettes pour un besoin naturel… et découvre avec effroi la tête de son bébé en train de sortir. « J'ai vraiment cru qu'il allait tomber. J'ai mis mes deux mains sous moi pour le retenir. »

A 4 h 20, elle appelle David à l'aide. « Je me suis précipité et j'ai vu la tête qui dépassait, témoigne le compagnon. J'ai pris ma femme sous le bras et je l'ai portée jusqu'au salon. J'ai mis la couverture du canapé par terre, j'ai pas eu le temps de mettre un coussin sous sa tête ou de remplir une bassine d'eau. Il y avait du sang et du liquide amniotique partout, je paniquais. Le bébé est sorti quelques instants plus tard. Je l'ai pris dans mes bras. »

A leurs côtés, se tiennent une voisine et William Evrard, le frère de David, qui appelle les secours.

D'abord le Samu, qui tente de l'aider, à distance. « Si je vous dis qu'elle accouche, c'est qu'elle accouche ! » lance-t-il à l'urgentiste qui a du mal à le croire.

Appelés ensuite, les pompiers de Charleville sont les premiers sur les lieux.

Ce sont eux qui coupent le cordon ombilical et mettent le bébé au chaud.

L'ambulance arrive peu après.

Elle prend en charge la maman et son nouveau-né. Pas le papa, faute de place.

Une lettre au ministre

« Il faut reconnaître que le bébé va bien et c'est le principal », reconnaît aujourd'hui Cindy Parpette, caressant son adorable bout de chou de six jours.

« Mais qu'est-ce que ça aurait été si le bébé avait eu le cordon autour du cou, ou s'il y avait eu une hémorragie !, s'indignent le père et l'oncle. C'aurait été dramatique. Mon frère et moi on n'a même pas notre brevet de secouristes… »

« En 2009, accoucher dans ces conditions, c'est inadmissible ! », s'insurgent-ils.

Dans les jours qui viennent, ils pensent écrire un courrier « au ministre de la Santé et à Claudine Ledoux ».

De son côté, la maman semble vouloir rester en retrait de cette croisade.

Pour elle, l'essentiel, c'est que le cœur du petit Emerick bat bien. Le bébé pèse 3,220 kg et mesure 48 cm.

Guillaume LÉVY

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bebejean

05/05/2009 à 20h36

Il y a trois ans, je suis arrivée à 6 h 00 à la maternité, après que l'on m'ait dit que la péridurale n'avait pas marché, on m'a dit que j'allais souffrir en accouchant car bébé était gros et se présentait mal, ensuite j'ai eu une rachi et ensuite à 17 H 00 un médecin est venu me voir en me disant : finalement on va faire une césarienne car le monotoring ralentit et jamais vous ne pourrez accoucher par voie naturelle... j'aurai accouché à Reims, on n'aurait pas attendu tout ce temps.

ouleda

05/05/2009 à 16h40

La réputation de cet hôpital est déjà bien terne.
Certaines conditions d'hospitalisation sont inadmissibles, limite il faudrait les supplier pour se faire soigner.
Sans oublier les chambres où à certaines périodes sont surpeuplées, et tant que le médecin général n'est pas là, ils ne s'occupent pas du patient.
Je parle en connaissance de cause j'entends beaucoup de personnes qui disent la même chose.
Autant payer le voyage vers Reims...

lentarteur

05/05/2009 à 12h42

Un titre "racoleur".
N'aurait-il pas mieux valu interroger simultanément l'hôpital lorsque la presse a été alertée? Cela aurait permis d'économiser du papier et d'éviter de ternir la réputation de l'hôpital. Un article qui sent le glauque; on se retrouverait presque du temps de Zola.

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