Publié le jeudi 28 janvier 2010 à 01H00 - Vu 218 fois
Franck Leroy claque la porte.
Caroline Garnier
LA « lutte des places », pour reprendre ce mot de Bernard Derty, d'Europe Ecologie, n'épargne aucune liste, aucun parti. La boutique des petits écolos de Daniel Cohn-Bendit et Eric Loiselet est en proie à une véritable guerre intestine. Chez Jean-Paul Bachy, divers gauche ou néo-PS, ce sont les chevénementistes du Mouvement Républicain et Citoyen, qui réclament à cors et à cris une place due à leur rang.
Digne d'un Villepin de campagne
Du côté de l'UMP, le Centre National des Indépendants (NDLR : CNI combien de divisions ?) qui se targue d'être la plus ancienne formation de la droite française, dénonce la dérive gauchiste du Mouvement Populaire et menace de ne pas apporter ses voix au Parti présidentiel. Enfin dans la Marne, c'est Franck Leroy, maire d'Epernay qui pique sa crise et claque la porte.
Dans un communiqué sur papier à en tête personnalisé, Franck Leroy, qui parle de ses « inquiétudes » à la troisième personne, confesse son trouble entre guillemets : « Chaque jour qui passe me laisse un peu plus songeur sur la stratégie de l'UMP ! Je me demande si le parti présidentiel a la volonté de gagner les prochaines régionales en Champagne-Ardenne […] j'observe que l'on n'a pas de liste, pas de programme, que la priorité consiste à ménager la place du Nouveau Centre et les susceptibilités partisanes sur la liste, plutôt que de constituer une équipe gagnante. En ce qui me concerne, je n'ai jamais vu un tel cafouillage à l'occasion d'une campagne électorale ! » S'en suivent un réquisitoire sur la stratégie nationale de l'UMP et de son fonctionnement sur la Marne avec pour conclusion, une tirade digne d'un Villepin de campagne : « La majorité présidentielle a perdu la ville de Reims et Vitry-le-François. Aujourd'hui, le département de la Marne est fragilisé, et on continue… C'est du grand n'importe quoi ! En ce qui me concerne, j'arrête les frais car les machines à perdre, ce n'est pas pour moi ! »
Faire valoir ses droits sans conchier tout l'UMP
Ceci ressemble fort à une démission à deux étages, l'une de la liste UMP pour les régionales, l'autre, de l'UMP tout court. Dans les deux cas, il semblerait que M. Leroy ait perdu ses nerfs et qu'il ait commis une grosse bourde.
Car enfin, il est toujours mauvais de réagir par pur dépit, un peu de raison et d'intelligence aident à traverser les déserts qui parsèment l'ascension du cursus honorum. Es qualité de maire d'Epernay, M. Leroy pouvait légitimement faire valoir ses droits sans conchier tout l'UMP. Sur le fond, Franck Leroy dont le nom avait un temps circulé quand l'UMP de la Marne se cherchait une tête de liste - alors même qu'il n'était pas franchement à jour de ses cotisations - a mal encaissé l'idée de se retrouver en 9e position, devancé par Karine Métivier, proche de Charles de Courson (Nouveau Centre), Jean Notat (FNSEA), Véronique Marchet (suppléante d'Arnaud Robinet), Xavier Albertini (proche de Catherine Vautrin), Cédric Chevalier, ex-UMP, banni du mouvement pour vaine dissidence aux législatives avec le prétendant Kariger - ils voulaient le fief du député Thomas - devenu Nouveau Centre par nécessité…
La 9e place est éligible en cas de victoire aux régionales, mais de toute évidence, M. Leroy était pessimiste, au point de descendre en marche.
Sans doute estimait-il son avenir bouché. C'est Philippe Martin qui a raflé le mandat de député de la Marne auquel il aurait pu prétendre ; quant à la Fédération UMP de la Marne, c'est encore son Martin de concurrent qui s'y est imposé.
Philippe LE CLAIRE
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