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Pour que « désenfanté » fasse son entrée dans le dico

Publié le mercredi 26 septembre 2007 à 01H00 - Vu 120 fois


Francine Vervick recueille actuellement des lettres de soutien pour démontrer le bien-fondé de sa démarche à l'Académie française.

Francine Vervick recueille actuellement des lettres de soutien pour démontrer le bien-fondé de sa démarche à l'Académie française.

Ludovic Barbarossa


L'IDÉE lui trottait dans la tête depuis au moins deux ans. Pour être véritablement sûr de son coup, elle a épluché les dictionnaires et autres encyclopédies. Un mot traqué jusqu'au début du XXe siècle. À chaque fois, Francine Vervick a fait chou blanc. Avec un certain bonheur, il faut bien l'avouer.
Si la langue française désigne sous le terme d'orphelin, un « enfant qui a perdu son père et sa mère ou l'un des deux parents », elle reste en revanche muette pour définir la situation inverse. À savoir un parent qui a perdu son enfant. D'où son idée de faire entrer l'adjectif « désenfanté » dans le dictionnaire de la langue française et de combler ce vide.
« Faire bouger les pouvoirs publics »
À Travecy, près de La Fère, et plus largement dans la région, l'histoire de Francine Vervick est aujourd'hui connue. En 1999, elle perdait son petit Lucas, 10 mois, victime d'une malformation cardiaque. Après quoi elle a eu une période difficile… et deux ouvrages sur ce drame pour aider les parents plongés dans le chagrin à remonter la pente.
« J'ai entrepris cette démarche voici une quinzaine de jours seulement quand j'ai entendu les nouveaux mots qui allaient entrer dans le dictionnaire. Des termes de la société moderne dont certains tiendraient presque du verland des jeunes. Bref, c'est sans commune mesure avec l'adjectif désenfanté, lequel s'il est retenu, permettrait de mettre un nom sur une situation plus répandue qu'on ne le pense et devrait faire bouger davantage les pouvoirs publics. Après avoir fait jouer mon carnet d'adresse sur Internet, j'ai déjà reçu une centaine de lettres et mails pour soutenir ma démarche. Notamment de Belgique, du Canada et des États-Unis. Car la langue de Shakespeare rencontre ce même écueil », explique Francine.
Pour l'heure, Francine constitue son dossier. En s'intéressant aux démarches similaires entreprises par d'autres dans un passé proche, elle a découvert qu'il fallait démontrer à l'Académie française qu'il existe un réel manque et que ce terme est déjà usité dans le langage courant.
« Personnellement, j'utilise depuis le début l'adjectif « désenfanté » sur mon site Internet, ainsi que de nombreux autres forums… Outre un courrier argumenté présentant les raisons de ma démarche, j'entends y glisser une pétition et des courriers et mails de soutien. Car il est très difficile, juridiquement parlant, de faire valider une pétition dont les signatures sont recueillies sur la toile ».
Dossier déposé en main propre
Francine Vervick ira, probablement au début de l'année prochaine, déposer en main propre son dossier à l'Académie française. Après ? Les 40 « sages » trancheront dans un délai libre et de manière discrétionnaire. En attendant, elle a déjà adressé un mot à l'un d'entre eux qu'elle a déjà croisé par le passé. Francine Vervick veut surtout mettre toutes les chances de son côté…
Ludovic Barbarossa
Contact : membres.lycos.fr/francinedu02

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