Publié le mardi 23 juin 2009 - Vu 12 fois
Un projet d’amendement envisageant d’« autoriser » les salariés à travailler chez eux lors de leurs arrêts maladie vient de créer la polémique. Pour ceux qui se portent bien, bosser à la maison n’est pourtant pas une régression. C’est depuis longtemps une pratique naturelle dans les professions dites « intellectuelles » comme les musiciens, consultants et graphistes ou dans le secteur informatique et Internet. Mais elle reste encore trop marginale par ailleurs. Seuls 7 % à 8 % des salariés français sont concernés par le télétravail. La moyenne européenne est de 13 %.
Dommage car l’expérience dit que les entreprises peuvent gagner jusqu’à 30 % de productivité. Pour sa part, le salarié ne dilapide plus énergie, temps et argent dans les transports. Grâce aux nouvelles technologies le « home work, sweet work » progresse. En témoigne l’importation en France du « homeshoring » qui consiste à redéployer à domicile l’activité des centres d’appel.
Quelle différence pour le client qui, par définition, ne voit pas celui qui lui dépanne sa « box » ou lui vend un voyage à l’autre bout du monde ? En plus de réduire le budget immobilier, les entreprises s’ouvrent à un nouveau vivier de travailleurs étudiants, ruraux et handicapés qui ne pouvaient ou ne souhaitaient pas fréquenter les « call center ». Tout n’est pas rose car le télétravail peut contribuer à l’isolement social. En réponse, Teleperformance a inventé un campus virtuel, à la manière de « Second Life », sur lequel les télétravailleurs peuvent être formés ou échanger entre eux. Bel effort, mais reste encore à faire entrer dans l’ordinateur l’irremplaçable information glanée entre deux portes ou à la machine à café. Nos scientifiques n’ont guère trouvé mieux pour mettre un peu de liant dans la précieuse mécanique de la communication interne.
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