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Patrimoine : l'Etat nous gâte

Publié le dimanche 25 janvier 2009 à 01H00 - Vu 27 fois


Pleins feux sur les cathédrales de Reims, de Châlons et de Soissons (photo), les seules appartenant à l'Etat.

Pleins feux sur les cathédrales de Reims, de Châlons et de Soissons (photo), les seules appartenant à l'Etat.

Alexandre ALLARD


LE temps des vaches maigres est-il révolu pour les Drac (Directions régionales des affaires culturelles) de Champagne-Ardenne et de Picardie ? Vont-elles pouvoir reprendre, là où elles l'avaient abandonnée il y a deux ans, la programmation des travaux urgents à mener sur les plus emblématiques de nos monuments historiques ? On saura officiellement samedi quelle est la part qui va leur revenir des cent millions d'euros déboqués au titre de la relance. Chacune des vingt-deux régions devrait engranger 4,5 millions chaque année pour remonter les échafaudages sur les façades des joyaux que le monde entier nous envie. Mais on parle de 7 millions rien que pour la Champagne-Ardenne.
Il y a largement de quoi consommer cette manne financière inespérée. Alors que les Drac expliquaient en décembre 2005 qu'elles étaient « contraintes de marquer une pause et de lisser les travaux programmés pour trois ans, elles ne vont pas se priver de ressortir les dossiers déjà ficelés.
On sait que les cathédrales seront une priorité. Pour ce qui nous concerne, l'Etat n'est propriétaire dans notre secteur que de trois cathédrales. Celles de Reims, de Châlons et de Soissons.
Notre-Dame de Reims a déjà englouti 11 millions d'euros en dix ans. La restauration complète du portail sud pour sept millions s'est achevée en 2005. La première tranche de celle du portail nord s'achèvera fin juin. Le grand gable central vient de reprendre sa place. Le portail nord sera achevé en octobre 2010. Encore deux ans pour revoir l'Ange au sourire. La bonne nouvelle, c'est que les travaux concernant le chevet pourront débuter.
Saint-Etienne de Châlons vient de bénéficier d'une restauration complète des voûtes de sa nef. 36 tonnes de chaux sont venus boucher les trous des murs pendant deux ans. On va pouvoir redécouvrir la cathédrale fermée depuis 1995.
Saint-Gervais et Protais de Soissons, elle, n'est pas terminée. La couverture du transept nord est en cours de réentuilage, comme à l'origine. Il y en a encore pour deux ans. La Drac de Picardie pourra peut-être enfin mettre en chantier la restauration de la plus belle sacristie de France et ses boiseries XVIIIe pour la rendre accessible au public.
Les petites églises ne devraient pas être en reste. Quinze millions leur seront consacrés. Avec deux cent mille euros, on fait déjà des miracles. Les maires sont aux anges.
L'autre bonne nouvelle concerne le futur grand musée dans les anciennes halles classées du Boulingrin à Reims. Le chantier a enfin été inclus dans le plan de relance de l'Etat.



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Des pierres à tailler



Il faudrait dix milliards d'euros pour restaurer complètement les monuments historiques classés sur tout le territoire. Quatre milliards rien que pour leur sauvegarde urgente sur dix ans. Alors que tous les budgets avaient subi des coupes sombres voilà trois ans, mettant les tailleurs de pierre, couvreurs, maçons, charpentiers, mouleurs, restaurateurs et spécialistes du traitement de la pierre au chomage technique, les entreprises qui réclamaient depuis longtemps un budget de 400 millions pour le patrimoine ont pleinement satisfaction puisqu'avec cent millions de plus chaque année, on y arrive.
Le groupement des entreprises de restauration de monuments historiques (GHM), soit cinq cent mille emplois directs ou indirects (environ cinq cents dans la région), a donc de quoi se réjouir. Il y aura cent millions de plus à consommer chaque année. Soixante-dix millions pour la restauration de monuments historiques dont les cathédrales (cent cinquante opérations de rénovation sur les monuments historiques dans toutes les régions seraient déjà listées) et trente millions pour de grands projets d'équipements culturels. On parle du futur musée euroméditerranée de Marseille, du centre des archives de Pierrefite, du quadrilatère Richelieu à la Bibliothèque Nationale ou du Palais de Tokyo. La ministre souhaite que 15% des crédits soient consacrés à l'entretien du patrimoine, mais aussi que des projets en souffrance sortent enfin des cartons. On pense tout de suite au projet de grand musée régional sous les halles classées du Boulingrin à Reims. Enfin une issue pour le musée des Beaux-Arts qui végète dans l'ancienne abbaye Saint-Denis?
Pour mémoire, les seuls monuments appartenant à l'Etat dans notre région sont: les cathédrales de Reims, Châlons et Soissons, le Palais du Tau à Reims, le château de Coucy dans l'Aisne et ... les hypogées de Coizard-Joches dans la Marne. Mais on compte près de mille cinq cents édifices protégés, classés, inscrits ou bénéficiant d'une protection mixte, dans l'Aisne, les Ardennes et la Marne.




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Le trésor de la préhistoire champenoise



Ils sont connus des grands pontes de la préhistoire et considérés comme un trésor archéologique. Les hypogées de Coizard-Joches, petit village perdu dans les vignes entre Épernay et Sézanne, sont uniques au monde. Les hypogées (littéralement en grec : sous la terre), sont des sépultures collectives datées entre 2500 et 2000 avant Jésus-Christ. Propriété de l'État, ils sont gérés par le service régional de l'archéologie de la Drac et inaccessibles au public.
« Ils sont protégés et conservés, mais impossible de faire pénétrer des visiteurs à quatre pattes », indique Olivier Brun.
Difficile de mettre en valeur ces chambres funéraires néolithiques creusées dans le calcaire où l'on a retrouvé des centaines de squelettes. On observe d'émouvantes sculptures de déesses gravées dans le calcaire et des reproductions de haches.
Ce patrimoine unique équivalent aux constructions mégalithiques comme les dolmens est typiquement champenois en raison de la nature du terrain.
« Ce sont les sépultures des premiers paysans champenois ». Un grand projet de mise en valeur pourrait voir le jour.




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Le Palais du Tau gratuit pour les jeunes



Autre mesure en faveur de la culture : à compter du 4 avril, les collections permanentes des musées nationaux seront gratuites pour tous les jeunes de moins de 25 ans et pour tous les enseignants. Six millions de jeunes Français sont concernés ainsi que 850.000 profs. Le coût du cadeau est estimé à environ 25 millions d'euros pris en charge par l'Etat. Les billets gratuits seront remboursés chaque année aux établissements.
Mais pas au Palais du Tau de Reims appartenant au réseau des monuments nationaux et qui reste le seul musée de la région concerné par cette mesure. Tous les autres musées appartenant aux communes ou aux départements.
Son nouveau conservateur, Dominique Ménager, table sur le succès spectaculaire du test de gratuité mené l'an dernier durant les six premiers mois de l'année. L'ancien palais des archevêques, au pied de la cathédrale de Reims, avait fait partie des quatorze musées nationaux sélectionnés pour expérimenter la gratuité.
le résultat final est probant : 70 % de fréquentation supplémentaire pour les trésors de la cathédrale, la statuaire monumentale et les somptueux atours des rois de France venus se faire sacrer à Reims.
« Nous avons surtout compté 26 % de primo-visitants en plus ayant moins de 30 ans », précise le conservateur.
Avant la gratuité, ils n'étaient que 11 %, essentiellement des étudiants.
Les politiques de gratuité en faveur des jeunes publics et des scolaires accompagnés de leurs enseignants, pratiquées dans la plupart des musées, ne seraient donc pas suffisantes pour attirer de nouveaux visiteurs jeunes.
La gratuité totale affichée sera bien un nouveau moteur pour les musées nationaux qui s'apprêtent à mettre en œuvre de nouvelles animations, rendez-vous thématiques, ateliers pédagogiques, en complément de ce qu'ils proposent déjà. « Le manque à gagner devrait être compensé par la hausse de la fréquentation », espère Dominique Ménager déterminé à relever un nouveau challenge : faire découvrir le Palais du Tau à un nombre croissant de jeunes et surtout de jeunes locaux.
Parmi les projets du seul musée appartenant à l'Etat dans la région, la mise en accessibilité à tous les handicapés programmée et budgétée. Les travaux vont durer une année, mais sans fermeture du monument qui restera ouvert au public.
Le redéploiement des collections et donc une présentation rafraîchie des trésors du Tau ainsi que le réaménagement des locaux pédagogiques sont également envisagés.



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Musée de l'Ardenne : un tiers de jeunes



C'est plus facile de compter au musée de l'Ardenne à Charleville les visiteurs qui payent leur entrée. Ils sont moins nombreux que ceux qui bénéficient de la gratuité.
C'est le cas dans la plupart des musées municipaux ou départementaux de la région qui ouvrent leurs portes aux jeunes de moins de 18 ans habitant la ville et aux étudiants. C'est le cas dans les musées Rimbaud, de l'Ardenne et à La maison des Ailleurs, mais aussi par exemple au musée Lécuyer de Saint-Quentin, toujours le moins cher de la région avec une entrée à deux euros.
S'ils ne sont pas concernés par la gratuité totale décidée par Nicolas Sarkozy dans les musées nationaux pour les jeunes, nos musées ne souffriraient donc pas beaucoup de la même mesure.
Au musée de l'Ardenne, Carole Morel compte 33 % de moins de 18 ans dont un tiers de « public captif » qui vient dans le cadre de l'école ou du centre de loisirs. Mais à Charleville, on n'est pas fan de la gratuité.
« Le public ne rechigne pas à payer un droit d'entrée », soutient le conservateur Alain Tourneux, persuadé que « c'est plutôt en créant des événements que l'on attire de nouveaux visiteurs. »

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Les dernières contributions


Nikoleyla

29/01/2009 à 09h05

Avec ce que l'Etat nous "pique" en impôts, taxes et autres prélèvements, c'est une obole rendue au patrimoine ! C'est la queue de la cerise sur le gâteau, comparativement aux cadeaux faits à ses amis banquiers !!!! Une obole qui ne sera pas à fonds perdus...

denisdereims

26/01/2009 à 11h53

En quoi l'État nous gâte puisque après les avoir supprimés afin de compenser budgétairement le cadeau fiscal aux plus nantis de notre pays, il revient sur ces suppressions (il suffit de seulement regarder les lignes budgétaires sur plusieurs années pour s'en apercevoir) mais par contre il ne revient pas sur ce cadeau fiscal préférant l'endettement payé par tout le monde même les plus pauvres.

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