Pas une enchère : merci la crise !

Pas une enchère : merci la crise !

Publié le jeudi 28 janvier 2010 à 01H00 - Vu 30 fois

« DES personnes visitent la maison, sont susceptibles d'être intéressées, attendons… » Un peu plus de 14 heures, salle de Malte, hier. Me Marie-Christine Dufaye, notaire, et son clerc, Charline Guillemin, ont bien fait d'utiliser le terme « susceptibles », car la vente par adjudication de la maison de fonction de la rue du Général-Féry, maison propriété de la Ville, utilisée un temps par le directeur des abattoirs, a tourné court. Un flop. Les bougies n'étaient pas de sortie, mais un chrono électronique basé sur un temps forfaitaire de 90 secondes devait tourner officiellement et entretenir le suspens. Il a vite été débranché. Dans la salle, quelques personnes, surtout des « municipaux », mais pas un acquéreur potentiel pour cette maison de ville construite en 1925, acquise par la Ville en 1967, un F6 sur trois niveaux d'une surface habitable de 110 m2. La mise à prix était de 250.000 euros. « Peut-être trop car en plus des frais, il doit y avoir des travaux », estime une dame. Le patrimoine immobilier de la Ville se prend la crise en pleine face, illustration hier après-midi.

Situation inédite

« Quelqu'un est-il intéressé dans la salle ? » questionne une toute dernière fois le notaire. Silence glacial. Un PV de non adjudication est adressé au maire, la collectivité remettra son bien en vente plus tard, et se retrouve encore avec cette baraque sur les bras qui ne rapporte rien en terme de taxe d'habitation (1.320 euros). Il y avait eu pourtant de nombreuses affiches ventilées dans les administrations trois semaines en amont : mais rien n'y a fait, et le n°16 n'est pas près d'ouvrir ses volets au grand jour. Avant de repartir, le notaire concède que cette situation est inédite : « En général, la salle est remplie pour moitié, certains viennent prendre le pouls du marché et des personnes intéressées enchérissent. Mais en l'occurrence, c'est inédit, c'est le reflet précis de la situation économique actuelle. » Autre interrogation au n°1 des services de la Ville cette fois, pourquoi la collectivité souhaite-elle se « débarrasser » de ce bien ?

Pour Christian Hannoteaux : « Cette maison n'est autre que la dernière habitation de fonction mise en vente par adjudication. Ce bâtiment n'a plus d'utilité, la Ville ne souhaite pas garder des immeubles d'habitation. Pour ce qui concerne les maisons et appartements de fonction où certains cadres sont logés par nécessité de service, les logements ne sont jamais adaptés à la taille des familles. » Et M. Hannoteaux d'ajouter : « Pour ce qui me concerne, la maison de la rue Lamairesse, un pavillon de six pièces, devait m'être attribuée alors que je suis célibataire géographique. Pour davantage de souplesse, la Ville me loue un studio, c'est plus économique. » Autre argument : les maisons de la Ville s'esquintent au fil du temps, ne rapportent rien. « Les vendre : c'est une bonne gestion du patrimoine », finit le DG. Du moins quand elles trouvent preneur.

David ZANGA

L'union l'Ardennais