Publié le vendredi 26 juin 2009
LA fonderie (Denis) est morte, vive la fonderie (de l'Aisne). Alors qu'à Trélou-sur-Marne, certains en parlent comme d'une entreprise qui n'est plus, ça chauffe à l'intérieur de l'usine de Chassin. Et ce, depuis le 9 juin. Ils ne sont que 19 au lieu de 55 avant le 5 mai, date de la liquidation judiciaire, mais ils ont bien l'intention de provoquer une nouvelle croissance à la société après lui avoir redonné la vie. Enfin, sous un autre nom et une autre forme !
Parachute doré
« J'ai proposé à des collègues de reprendre, en coopérative », explique Pascal Foire, l'ancien directeur, aujourd'hui gérant. « Nous avons racheté l'entreprise avec nos primes de licenciement et nos droits Assedic », précise-t-il tandis que Catherine Maurice, la secrétaire, souligne : « Nous avons repris le matériel ». Elle assure maintenant aussi bien les ressources humaines que le standard. Car la nouvelle organisation implique la polyvalence. « Il y avait redondance dans les emplois », indique le gérant qui assure aussi le bureau d'étude.
Sur les 89 salariés des deux sites de la fonderie Denis (Trélou et Dormans), vingt ont participé au capital « Nous avons réinjecté 310.000 euros », signale Pascal Foire, indiquant aussi avoir obtenu un prêt bancaire et des fonds de la Région et du Département (75 000 euros de prêt chacun).
« Heureusement qu'on a l'appui de nos clients », s'exclame le responsable, notant néanmoins avoir oublié les commandes non rentables.
Nouveaux marchés
« Notre projet est de sauvegarder les emplois », annonce l'équipe, Pascal Foire précisant : « J'aurais pu partir ailleurs, j'avais sauvé ma peau ». Il parle de « parachute doré ». Mais en faisant fonctionner la fonderie, il affirme sauver non seulement 25 emplois, sur place, en plus du sien mais aussi d'autres : « On mettait en péril des entreprises rentables », assure-t-il, évoquant des besoins de pièces particulières réalisées à la fonderie. Dans de tels cas, « nous sommes source unique » en raison d'un « outillage bien spécifique ». Et de citer une entreprise suédoise employant 280 personnes et une autre de 300 salariés, à Meaux. « On a dû mettre de côté des gens compétents », regrette le gérant qui compte bien en faire revenir puisqu'il pense que le personnel se composera de 30 employés d'ici la fin de l'année et de 40 mi-2010. Comment ? : grâce à de nouveaux marchés « n'ayant rien à voir avec ce que nous faisions », précise Catherine Maurice, arrivée il y a deux et demi lors de précédentes difficultés : « Nous sortions la tête de l'eau lorsque la crise est arrivée et comme nous réalisions des pièces pour les poids lourds… » Tel le corbeau de la fable, les salariés veulent que l'on ne les reprenne plus : ils vont se diversifier !
Texte Laurence PICANO
photos Jean-Marie CHAMPAGNE




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