Publié le jeudi 06 septembre 2007 à 01H00 - Vu 2 fois
Malgré une moyenne affichée de 17 élèves par classe, les Champardennais et les Picards demandent comme tous les Français plus de moyens pour l'école. Photo Karen KUBENA
Karen KUBENA/l'Union Reims
Alors que la démolition en règle de l'école continue d'être un sport national, que les enseignants sont invités à s'investir davantage, qu'un rapport pointe l'analphabétisme des collégiens, notre sondage montre que les Français sont en réalité, contents de leur école et tout particulièrement les Champardennais. Ils appartiennent en effet au groupe des plus satisfaits. Les Picards sont nettement plus sceptiques. Ils critiquent par exemple la formation des enseignants contrairement à leurs voisins. C'est l'école maternelle que les parents plébiscitent d'abord. Derrière les bons points et les belles images, élèves et surtout parents demandent néanmoins plus de moyens. En particulier, moins d'enfants dans les classes, plus d'enseignants pour accompagner les élèves, une modernisation des outils, des programmes et des locaux plus adaptés.
Faiblesses socio-économiques
Le principal reproche concerne les classes surchargées. Dans les deux académies d'Amiens et de Reims aussi. Paradoxe étonnant puisqu'elles arrivent quasiment en tête des régions les mieux dotées en nombre d'enseignants par rapport au nombre d'élèves.
Cette dotation exceptionnelle reste une triste consolation. Elle trahit une région et des écoles qui se dépeuplent. Elle ne fait que tenter de compenser un faible niveau de résultats dans des départements fortement touchés par le chômage. Les faiblesses socio-économiques renforcent en effet un échec scolaire récurrent et une sous-scolarisation. En particulier dans l'enseignement supérieur boudé au profit des filières professionnelles. Pour autant, les Champardennais et les Picards sont donc les premiers à souhaiter un nombre encore plus faible d'enfants par classe. A moins que la perception d'un taux d'encadrement moyen autour de 17 élèves par classe (le taux national dépasse 18 élèves), n'ait rien à voir avec « sur le terrain », celle des lycéens qui viennent d'entrer à plus de 35 en seconde par exemple. Pour les parents surtout, c'est toujours un facteur d'échec. Parents ou élèves interrogés sur les principales difficultés rencontrées au cours de leur scolarité, mettent aussi en avant les problèmes d'autorité des enseignants.
Si un prof reste juste, les élèves sont en effet les premiers à accepter et même à souhaiter qu'il soit autoritaire. « On apprend mieux dans une classe plus calme quand les élèves ne se croient pas tout permis », commente une lycéenne.
Contrairement à leurs enfants, les parents qui voient l'école de l'extérieur, critiquent plus facilement une classe surchargée, que le manque d'autorité d'un prof ou le manque d'homogénéité de la classe.
Ce besoin d'autorité est cité plus souvent par les Picards que par les Champardennais. L'absentéisme des enseignants, les classes hétérogènes, les locaux détèroriés, l'absence de matériel pédagogique ou la faible attention portée au parcours individuel, restent des problèmes secondaires. De même que la violence verbale ou physique moins souvent rencontrée dans notre région que chez nos voisins franciliens.
Françoise Kunzé
Le sondage « Les Français et l'école » a été réalisé par l'institut TNS Sofres du 30 avril au 24 juin 2007 par téléphone auprès d'un échantillon national de 4.418 personnes âgées de 15 ans ou plus.
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