Publié le mardi 22 décembre 2009 - Vu 121 fois
A Reims, Pascal Canot, d'Ourson Malin (à gauche). A la Bouteille, en Thiérache, Sébastien Morlain (à droite).
À l’heure où un vulgaire petit personnage en plastique de 35 ans, nommé Playmobil, fait son entrée au musée des Arts décoratifs, l’antique jouet en bois redescend sous les sapins. Et ce retour suscite des vocations et fait naître des entreprises toutes très ancrées dans leurs territoires.
Sébastien Morlain, un Thiérachien de 35 ans, fait partie de ces nouveaux entrepreneurs du bois. Il a fondé « Un monde de bois » il y a trois ans, une micro-entreprise dont il est le seul employé. Il fabrique et vend des objets en bois, de l’incontournable cheval à bascule au puzzle. Après avoir lancé un site internet, il vient d’ouvrir sa première boutique à La Bouteille, sur l’axe Hirson-Vervins. Son chiffre d’affaires augmentera sans doute de 20 % cette année.
« Le jouet en bois plaît parce qu’il est durable et correspond à un mouvement écologique planétaire. D’ailleurs le bois revient partout de la construction au chauffage », explique-t-il. Le bilan carbone de sa production n’est pas mauvais puisqu’il se fournit essentiellement en Thiérache et transforme le tout de ses mains dans son petit atelier. Le jouet en bois surfe aussi sur la nostalgie des jouets d’antan comme sur la mode de la décoration. « J’ai beaucoup de commandes de jouets en bois pour des nouveau-nés. On sait que ces tout petits ne joueront pas avec, mais que les objets serviront à décorer la chambre. Les gens y attachent une grande importance et font très attention aux couleurs ».
Le jouet en bois a quasiment une valeur patrimoniale. « Lorsqu’un enfant tape et abîme un jouet en bois, on le garde. Lorsqu’il fait la même chose avec un jouet en plastique, on le jette », explique Frédéric Wagner qui tient Joué-Club Bois à Reims.
Le jouet en bois n’est pas qu’artisanat. En dépit des révolutions du plastique et de l’électronique, de grandes entreprises industrielles signent de belles success story en France. La plupart sont installées dans le Jura comme Vilac, Janod ou JeuJura. Mais toutes ne font pas du made in France.
« Il faut souvent le lire avec une loupe mais une partie de la production des grandes marques françaises est faite en Chine » confie Pascal Canot. Ce menuisier de formation et vendeur, à temps partiel, de machines à bois, a lancé au printemps 2008, « Ourson Malin », un site internet de vente et une boutique du même nom à Reims. Mais installé sur l‘avenue de Laon, le commerce n’a pas survécu aux travaux du tramway. Cantonné sur la toile, Pascal Canot se consacre à la fabrication de quelques objets et à l’animation de son site. Il fait les photos des objets, rédige les commentaires et répond personnellement aux questions des clients. « Je veux que les gens sentent qu’il y a un homme derrière l’écran ». Aujourd’hui Ourson Malin ne représente qu’un complément de salaire pour Pascal. La fortune n’est pas au rendez-vous non plus pour Sébastien. Trois ans après avoir laissé tomber son boulot d’animateur en centre culturel, il est encore loin de gagner le Smic. « J’ai bon espoir d’y arriver. Dans le bois, il ne faut pas être gourmand mais être patient. »
Dossier Julien Bouillé
noel2009
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