Publié le vendredi 02 octobre 2009 à 01H00 - Vu 26 fois
La venue du siège de l'Inrap en 2011 à Reims avec ses 130 collaborateurs est censée compenser, en partie, la fermeture de la base aérienne.
GERARD PERON
Pas sûr que les archéologues posent un jour leur valise à Reims. La décision de délocaliser le siège de l'Inrap de Paris vers la cité des sacres a été prise il y a plus d'un an par l'ancienne ministre de la Culture Christine Albanel. Hier, Frédéric Mitterrand, son successeur, a déclaré qu'il souhaitait « rouvrir le dossier ». Il a ajouté que la question était complexe car il y a déjà eu un arbitrage mais qu'il allait à nouveau consulter les départements ministériels qui avaient rendu ce premier arbitrage. En français, cela veut dire qu'il est délicat pour lui de contredire celle qui l'a précédée à son poste mais qu'il va certainement le faire.
Pour le personnel de l'Inrap qui n'a jamais cessé de se battre contre son déménagement, ces paroles ont résonné comme un début de victoire. « On a vraiment tout fait pour qu'ils reviennent sur cette décision : coller des cartons sur le ministère de la Culture, dire non en lettres géantes sur le Champ de Mars, organiser une votation avec un résultat de 97 % de non et des courriers à n'en plus finir », relate Valérie Renault, secrétaire générale CGT du syndicat des personnels de l'archéologie qui garde la tête froide. « On attend de voir mais il est certain que ce serait un soulagement. Autant pour l'Inrap qu'on met en danger en le déménageant que pour le personnel qui angoisse depuis un an à l'idée de devoir partir contraint et forcé. » Lundi, lors d'un comité technique, les syndicats avaient commencé à reprendre espoir en entendant le ministre promettre qu'il allait travailler sur le sujet mais que ce n'était pas facile car le coup était parti avant lui. « Depuis, on n'avait pas eu de nouvelle. »
Pour Reims, la déclaration du neveu de François Mitterrand n'augure rien de bon. La venue du siège de l'Inrap en 2011 avec ses 130 collaborateurs est censée compenser, en partie, la fermeture de la base aérienne. S'il ne vient pas, il n'est pas certain que l'État trouve un autre service public à délocaliser vers Reims. En tout cas, la Ville ne manquera pas de le réclamer : « On verra ce qu'il va se passer mais il est certain que nous aimerions bien recevoir l'Inrap comme cela est prévu. Reims est un site de fouille important et nous avions un peu pour ambition de devenir la capitale des fouilles », confie Serge Pugeault, adjoint au maire chargé du développement économique. « Si demain, il n'apparaît pas opportun au ministre de faire bouger l'Inrap, il faudra alors que le gouvernement compense la fermeture de la base par autre chose. » Chose promise…
Catherine FREY
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