Publié le mercredi 02 décembre 2009
C'est à cet endroit que le corps de la victime a été retrouvé.
Karen KUBENA
A la suite de la découverte, mercredi dernier, du corps de Sylvie Marchal, une petite femme discrète qui habitait rue Jules-Fuzelier, à Vivier-au-Court, les gendarmes de la section des recherches de Reims ont multiplié les vérifications pour tenter de retrouver Éric Marchal, le compagnon de la victime ; lequel avait disparu depuis ce qui semble correspondre, grosso modo, à la date du crime. L'état de décomposition du corps laissait supposer que l'homicide remonte à trois ou quatre mois.
Partiellement enveloppé dans un grand sac-poubelle, le corps de Sylvie Roui, tuée de deux balles dans la tête, avait été découvert par deux pêcheurs. La chienne du couple, un berger allemand, avait également été tuée au même endroit, au lieu-dit « l'étang de la Maraîchère » (voir nos éditions des 27 et 28 novembre).
Depuis, les gendarmes n'avaient donc qu'une hâte : retrouver le compagnon en question, considéré comme le témoin numéro 1 dans cette affaire, voire comme suspect.
Or, son arrestation a eu lieu tout bêtement. Le vigile d'une supérette « Match », située rue du Grand-Rabbin-Haguenauer, à Nancy, un commerce situé en plein centre-ville à deux pas de la gare, a repéré dimanche matin vers 9 heures, un client indélicat entre deux rayons. Ce dernier venait manifestement de dérober une bouteille de whisky. Intercepté à la caisse, l'individu s'est confondu en excuses, tout en restituant son pitoyable butin. Il a insisté, supplié, pour que les gérants du magasin n'appellent pas la police. Mieux que ça, il leur a proposé de leur laisser ses papiers d'identité, le temps qu'il aille chercher de l'argent et qu'il revienne régler la bouteille.
Un revolver dans la ceinture
L'affaire aurait donc pu en rester là, mais le vigile avait eu le temps d'apercevoir la crosse d'un pistolet dépasser de la ceinture de son drôle de client (vraisemblablement un calibre 38). Sans lui laisser deviner quoi que ce soit, le vigile et ses patrons laissèrent repartir l'homme, mais ils jugèrent évidemment bon de prévenir aussitôt la police de Nancy.
Et, comme un avis de recherche concernant Éric Marchal avait évidemment été diffusé dans toutes les brigades de gendarmerie et les commissariats de l'Hexagone, depuis la découverte du meurtre de Sylvie Marchal, ce fut aussitôt le branle-bas de combat, sitôt que les policiers constatèrent qu'ils avaient bel et bien en main une carte d'identité au nom de l'intéressé.
Aussitôt, une planque fut mise en place autour de la supérette, pour le cas où le suspect tiendrait parole et reviendrait régler sa dette. A dire vrai c'était presque improbable. Mais, pourtant, c'est bien ce qu'Eric Marchal fit dès le lundi matin ! Sans avoir le temps de comprendre ce qui lui arrivait, il fut séance tenante maîtrisé par un équipage de la BAC de Nancy. Une fois confirmé qu'il s'agissait bien du concubin, il fut alors remis aux gendarmes de Reims lundi, à 22 h 30. Rien n'a toutefois filtré de ses premières auditions.
Rappelons qu'Éric Marchal vivait avec sa compagne Sylvie Roui, depuis plus de 20 ans, dans l'ancienne conciergerie de la société Camion à Vivier-au-Court, une petite maison sordide aux murs gris dont les volets étaient toujours tirés de jour comme de nuit. Si lui liait assez facilement la conversation avec les gens du quartier, sa compagne était beaucoup plus discrète et ne sortait quasiment pas de chez elle.
Le corps de Sylvie Roui et la carcasse de l'animal avaient été retrouvés à environ 400 mètres de leur domicile, dans une propriété privée où Éric Marchal avait l'habitude d'aller promener sa chienne Tina, mais où, bizarrement, sa compagne ne se rendait jamais.
O.R.






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