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MÉTÉO / Froid : facture salée pour les agriculteurs

Publié le mardi 20 janvier 2009 à 01H00 - Vu 10 fois


Gérard Raverdy, éleveur à Ventelay.

Gérard Raverdy, éleveur à Ventelay.

Gerard PERON


«J'ai perdu près de 100 litres de lait par jour », affirme Gérard Raverdy, agriculteur à Ventelay. La facture du froid commence à devenir salée. A la tête d'un cheptel de cinquante vaches laitières, l'exploitant agricole, également président de la fédération départementale des producteurs de lait de la Marne, reconnaît qu'il avait toutefois pris ses précautions : « Nous possédons des buvettes avec des résistances qu'on peut chauffer. Il existe aussi des abreuvoirs isothermes évitant de se servir du courant électrique. » Mais malgré les nombreux progrès technologiques permettant de gérer au mieux cette situation, les jours ont été durs. « Nos tracteurs étaient difficiles à démarrer tout comme la machine à traire. On perd du temps, au moins vingt minutes tous les matins. »
Moins de lait
Il n'y a pas que la perte de temps. A moins quinze degrés, les bêtes ne se comportent pas de la même manière. « Elles mangent beaucoup pour compenser la perte de calories, mais boivent moins d'eau et donc donnent moins de lait. » Pour Gérard Raverdy, ce n'est pas tant le froid que sa persistance dans le temps qui est ennuyeux. « Cela va traîner en longueur. Maintenant, on ne sait pas ce que vont donner les terres pour les céréales. Car avec le froid, il ne faudrait pas que le sol se soulève. Et pour cela, la pluie serait la bienvenue. »
Jacques Rouchaussé, secrétaire général de la Fédération nationale des producteurs de légumes, sait déjà que la saison ne sera pas facile. « Pour les serristes (salades, plantation de concombres et de tomates), la facture énergétique sera lourde. Même si le fioul a descendu. Car il y a eu une surconsommation d'au moins 35 %. Quant à ceux qui sont au gaz, on peut prévoir que certaines entreprises seront confrontées à un manque de trésorerie. »
On attend le dégel
Les plantations extérieures sont aussi concernées. « Les sociétés tournent au ralenti. » Et de mettre en avant les cultures de poireaux, de choux frisés ou de Bruxelles. « On ne peut pas les couper, ils sont gelés. Pour l'instant le produit est prévu pour supporter l'hiver. Mais on ne sait pas encore si ces variétés seront vraiment résistantes au grand froid. »
Pour les carottes, les navets et autres céleris, la culture n'est heureusement pas semblable, puisqu'ils ont été récoltés à partir du mois d'octobre pour être stockés. « Ils hibernent. Toutefois chacun attend le dernier moment pour collecter. N'oublions pas que plus ces légumes sont en terre, plus ils développent des qualités nutritives. Donc on les laisse un peu pousser. »
Certains ont donc eu des mauvaises surprises lorsqu'ils ont voulu les ramasser en décembre. Pour les vignes, s'il y a des dégâts, ils se verront d'ici deux mois. « En 1985, l'hiver avait été particulièrement rude, et beaucoup d'hectares avaient souffert. Durant l'hiver 1996-1997, il avait fait très froid, mais on n'avait pas eu de crainte. A tort », se rappelle Dominique Moncomble, directeur technique du Comité interprofessionnel du vin de Champagne. « La vigne est faite pour tenir au froid, mais si le sol et les ceps sont gelés, on peut s'attendre à un problème avec les bourgeons. Il faut attendre pour savoir ce qui va se passer. »

Sophie Claeys-Pergament



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De la paille pour les concombres


« Si on ne sait pas protéger ses cultures, c'est qu'on ne sait pas faire. » Patrick Marchel, gérant de Légumenfrais, produit 1.800 tonnes de concombres par an dans ses serres de Val-de-Vesle.
Ce producteur met un point d'honneur à défendre la bonne santé de ces légumes. Ces derniers n'ont pas souffert ces dernières semaines. La température de ses serres d'une surface de 30.000 m2 n'a pas baissé, elle affichait 19-20 degrés au thermomètre. Ce n'est pas un réel souci financier pour le maraîcher puisqu'il est équipé depuis un an d'une chaudière à paille. C'est le seul en Champagne-Ardenne. L'investissement est de taille. Son coût s'élève à 876.972,62 €. Patrick Marchal a bénéficié d'une subvention d'un montant de 337.120 € financée, à part égale, par l'Ademe et la Région Champagne Ardenne. « Si j'ai fait cet investissement, c'est pour deux raisons. La première est liée aux soucis environnementaux comme le réchauffement climatique, la seconde pour des raisons économiques. » La chaudière qui brûle 2.100 tonnes de ballots de paille par an, lui revient à 1, 2 centimes du kilowatt au lieu 3, 5 pour le butane. « Pour le prix de la paille, je travaille avec un prestataire qui compacte la paille en ballots et un agriculteur de la région. Ce qui m'intéresse, c'est un prix et la qualité. Il faut qu'elle soit le moins humide possible. »
Pour la machine, Patrick Marchal a beaucoup voyagé. « Je ne voulais pas me louper d'un point de vue technique. J'ai été en Pologne et au Danemark, ce sont des pays qui travaillent beaucoup avec les nouvelles énergies. » Auparavant, Patrick Marchel se fournissait en charbon. « Il était à 80 € la tonne en 2001, il est désormais à 240 €. Si je n'avais rien fait, je pense que j'aurai dû fermer mon entreprise. »
S.C.-P.

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