Publié le mercredi 03 septembre 2008 - Vu 1 fois
Pierre Mauroy a demandé mercredi aux dirigeants du PS de "faire attention" à éviter l'éclatement du parti au congrès de Reims, rappelant ses "souvenirs du congrès de Rennes", et souhaité le rassemblement des principales sensibilités autour d'"une motion majoritaire".
"Le véritable problème, c'est qu'ils veulent tous être premier secrétaire et que c'est par là que commence la discussion (...). Il ne faut pas donner la priorité aux ego", a déclaré l'ancien Premier ministre, en marge d'une conférence de presse consacrée à la fondation Jean-Jaurès qu'il préside.
"Je dis: +faites attention, où est-ce que vous allez vous embarquer+?", a ajouté M. Mauroy à l'adresse de ceux qui briguent la succession de François Hollande.
Selon le sénateur du Nord, "il faut commencer" par "faire une motion majoritaire" plutôt que d'"être obnubilé" par le poste de premier secrétaire, "d'autant qu'il n'y a pas beaucoup de différences" entre les forces en présence. "Quand on aura réussi cela, on pourra se poser la question" du nom du successeur de M. Hollande.
"S'ils n'y arrivent pas, je peux vous dire, j'ai des souvenirs de Rennes...", a repris M. Mauroy, en allusion au congrès fratricide de 1990.
L'ex-maire de Lille a d'autre part exprimé un désaccord avec Martine Aubry sur la stratégie du rassemblement. La contribution Aubry, cosignée par Pierre Mauroy, "se voulait au centre du débat".
"Mais là on se trouve déporté, on commence avec (Laurent) Fabius. Alors, faut rectifier", a affirmé l'ex-Premier ministre. Un déjeuner avait réuni samedi à La Rochelle Mme Aubry, M. Fabius, Arnaud Montebourg et plusieurs responsables strauss-kahniens.
Pour M. Mauroy, il ne faut "pas s'enfermer avec les fabiusiens, il faut à tout prix aller vers une motion bien plus large" incluant Bertrand Delanoë, François Hollande, les grands élus lyonnais et marseillais, "tous ceux qui sont derrière Ségolène Royal".
Il a estimé que Martine Aubry pouvait "être une excellente première secrétaire du parti" car "elle en a le tonus, l'intelligence, la force". "Mais sur la base d'une motion majoritaire", a-t-il insisté.
Réaffirmant sa "plus grande considération pour Ségolène Royal", le responsable PS a déclaré qu'il "serait bien qu'elle dise: moi, tous comptes faits, candidate au poste de premier secrétaire, c'est pas ma tasse de thé".
"Si on a une retenue, une distance (à l'égard du PS, ndlr), il faut continuer la campagne pour la présidence de la République mais pas souhaiter devenir le premier secrétaire du PS. Ca me paraît une évidence", a-t-il ajouté.
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