Mariage non célébré : le jugement aujourd'hui

4 contributions

Publié le mercredi 29 octobre 2008

Pendant près de deux ans, Stéphanie a réussi à faire croire à sa compagne qu'elle était… un homme.

Pendant près de deux ans, Stéphanie a réussi à faire croire à sa compagne qu'elle était… un homme.

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C'EST aujourd'hui qu'un transsexuel comparaît devant le tribunal correctionnel de Châlons-en-Champagne pour « faux et usage de faux en écriture publique, faux et usage de faux ». Souvenez-vous du 7 juin dernier. Un mariage n'avait pu être célébré à la mairie de Vitry-le-François parce que le futur époux était en fait… une femme.
C'est en vérifiant le dossier de mariage du couple que Claudine Brocard, 5e adjointe au maire chargée des affaires générales, a découvert la tromperie. Le futur mari, Stéphane, 23 ans, n'avait pas présenté les documents originaux, sa carte d'identité notamment, mais des photocopies. En la regardant d'un peu plus près, elle a constaté que la lettre M (= masculin) au bas de la carte d'identité était plus petite que les autres. « Nous avons contacté la mairie de Thionville, en Moselle, où il était né, avait alors raconté le maire PS Jean-Pierre Bouquet dans nos colonnes le 8 juin dernier. Sur l'extrait original de l'acte de naissance que nous avons reçu, nous avons découvert que Stéphane était en réalité… une femme ».
« Une souffrance »
En tant qu'officier de police judiciaire, l'élu socialiste a aussitôt signalé cet acte délictueux à l'autorité judiciaire. Il a transmis la situation au procureur de la République de Châlons-en-Champagne. Entendu par les gendarmes, le « futur époux » a reconnu les faits. Pendant près de deux ans, il a réussi à faire croire à sa compagne qu'il était… un homme. « Cette femme se considérait comme un homme. Elle souhaitait épouser la femme qu'elle aimait », avait précisé le substitut du procureur au tribunal de grande instance de Châlons-en-Champagne. Ne pouvant changer de sexe faute de moyens financiers suffisants, Stéphanie avait usé « d'artifices » pour induire sa compagne en erreur.
C'est la première fois depuis sa première élection à la mairie de Vitry-le-François en 1989 que l'élu socialiste s'est retrouvé confronté à une telle situation. Pour lui, cette histoire reflète « l'expression d'une souffrance ». Stéphanie Nicot, cofondatrice de « Trans Aide », association nationale transgenre créée en septembre 2004, suit de près cette affaire. Elle ne sera pas présente au tribunal correctionnel de Châlons-en-Champagne « pour des raisons professionnelles », mais prendra acte du jugement. Se tenant prête à monter au créneau…
Stéphanie Gruss

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carine08

09/11/2008 à 11h06

Je comprends pas pourquoi il a changé ses papiers, le fait d'être marié ne changera rien pour lui, moi je suis marié après 4 enfants et des années de vie commune eh puis rien n'a changé, rien du tout !

Solange D

03/11/2008 à 11h30

Ce genre de situation n'est que le résultat des positions discriminatoires adoptées par l'Etat à l'encontre des personnes transsexuelles. Partout en Europe, des pays évolués ont adopté des politiques de soutien et de respect des droits de la personne se mettant ainsi en accord avec les directives européennes. En France, les personnes transsexuelles sont soumises à l'arbitraire du milieu médico-psychiatrique qui a ainsi cet inacceptable pouvoir de décider de la vie d'autrui. Par ailleurs, la reconnaissance du changement d'identité sexuelle est encore soumise à des "expertises" judiciaires où des médecins n'hésitent pas à pratiquer ce qui constitue un véritable viol "légal".

Caphi

30/10/2008 à 14h03

Cette affaire révèle les difficultés d'être TRANS en France.
Les lois, aux contraires de celles récemment votées en Espagne - pays pourtant à l'histoire catholique tumultueuse - sont plus au diapason de la société.

Plus généralement, ici et là avec des degrés différents d'ouverture suivant les pays, les transsexuel(le)s, considéré(e)s comme des citoyen(e)s de "seconde zone" sont encore "psychiatrisé(e)s" car encore considéré(e)s, tel(le)s que l'étaient les homosexuel(le)s il y a encore quelques années, comme des "malades mentaux" (en raison du manque d'études sérieuses faîte sur le transsexualisme).

Assimilé(e)s trop souvent à la prostitution, victimes de ségrégations passives ou actives, en raison des discriminations - voire pire des violences qu’elles-ils subissent quotidiennement -, j'ai créé un nouveau blog d'INFORMATION consacré à la TRANSIDENTITE (appelée improprement transsexualité) :

http://caphi.over-blog.fr
(plus de 50 000 pages lues depuis juillet 2007)

Cordialement
caphi, journaliste trans MtF (male to female)

Axel59

30/10/2008 à 00h01

Evidemment, le fait de transmettre des documents officiels falsifiés est un délit. Cette personne a peut-être mal agi en agissant de la sorte.

Il faut aussi se demander pourquoi Il en est arrivé là. La situation des personnes Trans en France n'est pas très claire. Si il y avait une meilleure prise en charge ( et j'entends par " meilleure " le fait d'arrêter de nous considérer comme des malades mentaux incapables de décider de ce qui est bon pour eux ou pas, par exemple) de nos identités, il est certain qu'aucun d'entre nous n'irait falsifier un document pour que sa vie soit meilleure. Et dans le respect de cette personne, même sur ces agissements, je trouve scandaleux de la part des journalistes qui nourrissent de ce fait les curiosités mal placées, de divulguer le nom de naissance des personnes Trans' qui n'a certainement pas lieu d'être cité.

Axel,
Militant pour le respect et la reconnaissance des personnes Trans'.

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