MARCHÉ / Prix du kilo de raisin : au moins 5 % de hausse

MARCHÉ / Prix du kilo de raisin : au moins 5 % de hausse

Publié le mardi 20 janvier 2009 à 01H00 - Vu 1224 fois

«F ORCE est de constater que le kilo de raisin a subi une hausse pour les vendanges 2008. On se rapproche de 5 % d'augmentation par rapport à 2007, c'est-à-dire un peu plus que l'inflation. » Avec sa discrétion coutumière, Yves Fourmon, président de la Fédération nationale des courtiers en vins et spiritueux de France, et de vin de Champagne, choisit ses mots. Si la crise économique frappe aux portes de la Champagne, le prix du kilo de raisin, n'a pas été la victime de la baisse des expéditions. Les tarifs oscillent, selon les terroirs, entre 4, 75 et 5,45 €.
Favoriser la filière
« Les prix sont dessinés entre le mois de juillet et novembre. La Champagne a découvert la crise financière vers la mi-octobre. Les prix étaient déjà entendus, il était impossible de faire marche arrière. A la veille de la vendange 2008, le négoce ne connaissait pas ses perspectives de ventes. » De plus les bilans financiers des maisons étaient bons, les ventes aussi, on peut également rappeler que la volonté des gros opérateurs est de favoriser la filière raisin. Pourtant Yves Fourmon reconnaît : « Si la crise financière était arrivée au mois de mai dernier, les choses auraient peut-être été différentes. Car si cette hausse est absorbable, faut-il encore que cela ne soit pas au détriment des marges et des ordres commerciaux des maisons. D'ailleurs sur 4 ans de hausse, nous sommes encore sur des prix pondérés par rapport à l'inflation. » Environ 4 % par an.
Partenaires raisonnables
Les derniers chiffres des expéditions, annonçant un ralentissement, changent un peu la donne.
Yves Fourmon constate que « face au déséquilibre de l'offre et de la demande sur les marchés complémentaires des vins clairs des années précédentes, on a effectivement le sentiment que la surchauffe et la spéculation sont moins présentes ». Reste à savoir comment le marché va évoluer à la vendange 2009. « Il y a des maisons qui ont confiance dans l'avenir et dans la pérennité du champagne. Elles sont encore acheteuses dans des conditions raisonnables avec des partenaires raisonnables. Cela va rééquilibrer les choses. On revient sur des fondamentaux importants pour la république Champagne. Une maison qui paie le juste prix en raisin, cela prouve qu'elle sera capable de faire des résultats et d'honorer ses engagements dans le futur. »
Scénario catastrophe
Le chiffre butoir des expéditions qui entraînerait la débâcle économique est d'environ 270 millions d'euros (339 millions de bouteilles ont été expédiées en 2007).
« Si on tombait en dessous de 280 millions dans les deux ans à venir, on aurait beaucoup de mal à se relever. Quelle économie peut absorber une baisse de 20 % ? » Yves Fourmon refuse de croire à ce scénario catastrophe.
« On s'adapte. Ils y en a qui meurent, ils y en a qui résistent et ils y en a qui rebondissent. »
Sophie Claeys-Pergament

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