Publié le mardi 24 novembre 2009
Hier après-midi, Marie-France (à gauche) avait repris son poste derrière le comptoir de la boulangerie au côté de sa patronne.
Angel Garcia - l'Union de Reims
TOUS les policiers et gendarmes le savent : l'approche des fêtes de fin d'année représente une période à risque en ce qui concerne les vols, et plus particulièrement les vols avec violence, voire avec arme.
La vendeuse de la boulangerie Aubert, à Sedan, qui « fêtait » dimanche ses 55 ans, en sait quelque chose. Les faits se sont déroulés alors que la vendeuse se trouvait seule dans le magasin, ses employeurs Didier et Pascale Aubert, se trouvant à l'étage dans leur appartement.
Il était environ 18 heures lorsqu'un individu, âgé entre 20 et 25 ans, habillé de sombre, dont le visage n'était pas spécialement dissimulé, si ce n'est une capuche sur la tête, a fait irruption dans la boulangerie, un revolver à la main.
Marie-France G. raconte : « Il a braqué son arme à environ 50 centimètres de mon visage. Il était très nerveux. Il la tenait à deux mains. Il m'a dit quelque chose du genre : « Putain de ta race, donne-moi la caisse ». Je ne m'explique toujours pas ce qui m'a pris, mais j'avais décidé de ne pas la lui donner. J'ai fixé son arme, en me demandant si c'était un vrai revolver, puis son visage. Comme j'avais une bombe lacrymogène à portée de main, j'ai tenté un coup de bluff pour détourner son attention. Je lui ai dit : « Tu n'as vraiment pas de chance, voilà justement la police qui se gare devant ». Il s'est retourné un bref instant et lorsqu'il m'a de nouveau fait face je l'ai aspergé de gaz ».
« Je vais te buter »
Le braqueur accuse le coup, mais ne renonce pas pour autant. Après avoir reculé vers la porte, il revient à la charge et se fait plus menaçant.
« Il m'a encore insultée en criant : « Je vais te buter si tu n'ouvres pas la caisse ». J'ai refusé. Il s'est alors carrément emparé de la caisse enregistreuse. Mais moi, je tenais toujours le fil qui reliait la caisse au détecteur de faux billets. Lorsqu'il est sorti, je l'ai suivi sans lâcher le fil. Ça lui a fait échapper la caisse sur le trottoir. J'ai crié plusieurs fois « à l'aide, je suis braquée ». Mais je n'ai vu que deux jeunes filles un peu plus loin, qui ont sans doute eu peur et qui l'ont laissé s'enfuir ».
Si sur le coup, la courageuse vendeuse dit ne pas avoir eu peur, elle commençait à réaliser hier matin les risques qu'elle avait pris : « Je ne sais pas si c'est du courage ou de l'inconscience, toujours est-il que je ne voulais pas lui céder. C'était plus fort que moi ». Hier après-midi, l'employée avait déjà repris son poste derrière le comptoir, avouant cependant qu'elle n'était pas vraiment tranquille : « Il n'a pas arrêté de m'insulter et me menacer de mort. Alors forcément, tant qu'ils ne l'ont pas attrapé, je ne suis pas rassurée ».
L'individu se serait enfui, à pied, selon certains témoins, en direction de la rue de la République. La caisse, d'un poids d'une bonne dizaine de kilos, contenait environ 800 €.
O.R.




Réagissez