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Malfaçon / Une maison « kit ou double »

Publié le jeudi 07 mai 2009 à 01H00 - Vu 121 fois


Quatre ans de procédure plus tard, Elizabeth prend toujours des cachets pour dormir.

Quatre ans de procédure plus tard, Elizabeth prend toujours des cachets pour dormir.

Delphine OLIVA


AVEC le recul, ils se disent qu'ils ne demandaient pas la lune, mais simplement une maisonnette en briques, au centre-bourg de Fontaine-les-Vervins. Quatre ans plus tard, Joël Parisot et sa concubine, Elizabeth Lacour en sont toujours au même point. Après avoir été démolie, leur maison est aujourd'hui un vague chantier.

La faute à qui ? Selon les concubins vervinois, la faute à la société Maisons Mikit, une société de constructions de maisons individuelles et traditionnelles en prêt à finir. Lorsqu'en mars 2005, Elizabeth et Joël font appel à elle, c'est après mûre réflexion : « Nous avions déjà consulté une autre société. Puis, nous avons fait appel à Maisons Mikit parce que c'était exactement ce que nous cherchions : faire réaliser le gros œuvre, puis nous occuper nous-même de l'intérieur. »

Jusque-là, tout va pour le mieux. Joël et Elizabeth obtiennent un permis de construire en juin. Mais les travaux tardent à commencer.

« La responsable de l'agence de Soissons à laquelle nous avions fait appel nous a d'abord dit que l'équipe de briqueteurs travaillait sur d'autres chantiers. Au bout d'un mois, elle a fini par nous avouer qu'elle se démenait comme elle pouvait pour un briqueteur, mais qu'en réalité Maisons Mikit ne construisait pas de maisons en briques. »

Rapport de l'expert

La première nouvelle en annonce en fait d'autres : sur le moment, la société tente de trouver une solution.

Et c'est à ce moment-là que les problèmes commencent : « Elle nous a présenté quelqu'un qui était à son compte depuis seulement 15 jours. Sur le moment, on ne s'est pas méfiés. »

Ils auraient peut-être dû : au fur et à mesure que les travaux avancent, l'homme se révèle incompétent. Fondations ratées, enduit qui ne résiste pas au gel, mur de soutien de l'étage qui ne repose pas sur celui du sous-sol : bref, le rapport de l'expert, auquel feront appel Joël et Elizabeth lorsqu'en 2006, ils poursuivront en justice la société, est accablant, selon les concubins ainsi que leur avocat Me Camus : « L'expert a démontré qu'il n'y avait aucune ferraille pour soutenir les briques. Il a estimé que la maison pouvait être dangereuse si on l'habitait. On voyait des fissures partout. »

En 2008, il ordonne la démolition de la maison. Le jugement du tribunal de Grande Instance de Laon qui condamne Maisons Mikit est à la mesure de la malfaçon : la société écope de 191 000 de dommages et intérêts. « 21 000 euros ont servi à rembourser la banque. Aujourd'hui, il nous reste 96 000 euros d'apport. Et une maison à rebâtir. » Interrogée, l'avocate de la défense Me Duchesne, n'a pas souhaité faire de commentaire sur cette affaire.

D. O.

A noter que nous ne sommes pas arrivés à joindre M. Jacques Traullé, Pdg de Maisons Mikit à Reims.

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