Publié le mardi 24 février 2009 à 01H00 - Vu 4 fois
Ghislain de Montgolfier : « Je suis confiant dans notre organisation qui a fait la preuve de sa solidité ».
Christian Lantenois
Quelle est votre analyse de l'année champenoise 2008 ?
« Les chiffres 2008 sont satisfaisants : avec 322 millions de bouteilles expédiées, la performance se situe légèrement au-dessus des résultats de 2006. Avec une hausse de + 6,2 %, le mois de décembre a confirmé l'attrait des consommateurs pour le champagne, ce qui est très rassurant pour l'après-crise. Il faut éviter toute arrogance car il y a eu deux années 2008 : celle de l'avant 15 septembre et celle de l'après. La seconde a ouvert une période de crise mondiale qui n'épargnera pas le champagne. Rappelons que nos décisions de vendange (rendement et déblocage) ont été prises le 2 septembre, date à laquelle le principal danger résidait dans le dérapage des prix du raisin. Ce dérapage, qui nous inquiétait le 2 septembre, se serait d'ailleurs avéré dramatique dans la période de turbulences qui s'annonce ».
Comment se profile l'année 2009 ?
« 2009 sera difficile comme le laisse présager le début d'année. Afin de ne pas répéter les erreurs des précédentes crises, et notamment celle du début des années 1990 qui a été amplifiée par des décisions inappropriées, le bureau exécutif du Comité interprofessionnel du vin de Champagne a chargé le président de l'observatoire économique, Yves Dumont, en concertation avec Dominique Pierre, d'une mission d'étude et de recommandation dans un triple objectif : comprendre la réalité de l'état des marchés (niveau des stocks chez les distributeurs et des ventes auprès des consommateurs finaux par pays, type de cuvée, etc.). Prévoir les perspectives d'évolution des marchés, les difficultés susceptibles d'affecter les bilans des opérateurs, la capacité d'honorer les échéances de paiement, etc. Agir en proposant des préconisations de solutions immédiates et à plus long terme. Cette étude devra conduire les instances interprofessionnelles à prendre les bonnes décisions au bon moment. Nous avons la chance de bénéficier d'outils de régulation qui, s'ils sont utilisés à bon escient, devraient nous permettre d'amortir les effets de la crise. On n'échappera pas à cette tempête qui commence seulement à secouer toute l'économie. Tous, nous devons en avoir conscience même si certaines catégories d'opérateurs ne sont pas encore affectées aujourd'hui ».
Êtes-vous inquiet ?
« Je suis surtout confiant dans notre organisation qui a fait la preuve de sa solidité et de son efficacité. J'ai un objectif : que la Champagne traverse la crise, et que l'appellation en sorte plus forte, plus transparente, encore plus qualitative. Les crises sont aussi des occasions de se renforcer ».
Propos recueillis par Sophie Claeys-Pergament
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