Publié le lundi 12 octobre 2009 à 01H00 - Vu 34 fois
Spectatrice en 2006 à Turin, Véronique Pierron, senior 1re année, espère être au centre de l'action aux Jeux de Vancouver en février prochain.
Christian LANTENOIS
A 16 ans, Véronique Pierron était la plus jeune athlète de la délégation française aux Jeux de Turin. Remplaçante dans le relais tricolore du short-track, qui s'est classé 5e, elle a finalement vécu sa première participation olympique comme spectatrice. Quatre ans plus tard, l'Ardennaise, licenciée au Reims patinage de vitesse, veut monter sur la glace de Vancouver en février prochain. Pour cela, elle devra franchir tous les obstacles qui la séparent du fameux sésame pour le Canada. Et ils sont nombreux.
Véronique Pierron connaîtra le verdict à la mi-novembre, à l'issue des deux seules manches de Coupe du monde qualificatives pour les Jeux. Elles se disputeront sur le continent américain : la première à Montréal du 5 au 8 novembre, la seconde, une semaine plus tard à Marquette, dans l'état du Michigan aux Etats-Unis. Deux chances donc de réaliser les quotas internationaux « Il faudra que je me classe parmi les 32 premières », explique l'intéressée qui s'alignera sur les trois distances - 500, 1.000 et 1.500 m - avec une priorité pour les deux plus courtes. A cet écrémage, la fédération française des sports de glace a corsé la sélection. « Il faudra au moins être quart-de-finaliste, c'est-à-dire être dans les 16 premiers », précise-t-elle.
Il y a deux patineuses françaises en lice pour Vancouver : Véronique Pierron et Stéphanie Bouvier. Deux générations. A bientôt 28 ans, la Dijonnaise devrait mettre un terme à sa carrière à l'issue de la saison. En tout cas, elle participerait à ses derniers Jeux après Salt Lake City et Turin. La fédération française des sports de glace lui faciliterait l'obtention du billet pour le Canada. « En effet, compte tenu de leurs médailles aux derniers championnats du monde ou d'Europe(*), Stéphanie Bouvier, Brian Joubert et le couple Isabelle Delobel - Olivier Schoenfelder ne sont pas obligés de remplir leur chemin de sélection », confirme Eric Le Chanony, DTN adjoint chargé du haut niveau. En clair, Stéphanie Bouvier n'aurait pas besoin d'obtenir une place de quart de finaliste lors des manches sélectives. Rien de vraiment choquant au regard de la carrière de la Dijonnaise. Seul hic : si Véronique Pierron devait réaliser les quotas internationaux mais sans atteindre les quarts de finale (le plus demandé donc par la FFSG), sa coéquipière pourrait profiter du ticket, non nominatif, sans avoir elle-même effectué les minima. Un cas de figure que Véronique Pierron et Ludovic Mathieu n'osent pas imaginer. « Tout le monde devrait être sur la même marche », regrette la patineuse du RPV.
Eric Le Chanony désamorce la polémique : « Il n'y a pas de raisons pour que quelqu'un profite d'un quota établi par un autre. Ça ne serait pas défendable devant la commission de sélection. Il faut quand même justifier d'un certain niveau de forme. Aujourd'hui, elles sont au même niveau »… Pas folichon si l'on s'en tient à leurs résultats lors de la dernière manche de Coupe du monde à Séoul.
(*) Médaillée d'argent en 2003 et 2007, Stéphanie Bouvier a décroché le bronze lors des Championnats d'Europe cette année à Turin.
C'est l'entraîneur de toujours. Lui aussi ardennais, Ludovic Mathieu la suit depuis ses débuts à Charleville-Mézières. Un couple inséparable, malgré l'adversité. Ancien entraîneur national, chargé de préparer les patineurs tricolores à Albertville (6 hommes dont le Rémois Jean-Charles Mattéi, et deux femmes) pour Vancouver, il a claqué la porte du groupe France au printemps dernier et décidé de se consacrer à sa protégée qui l'a suivi à Reims. Une position qui met Véronique Pierron en porte-à-faux avec ses partenaires de l'équipe de France et son entraîneur national, Bruno Loscos.
Ludovic Mathieu en a conscience mais reste persuadé que cela n'altérera pas un potentiel immense. « Elle m'a mis plusieurs fois sur le cul cette saison. Je suis convaincu que c'est elle qui fera connaître le short-track en France ».
Vancouver est encore loin. A quatre semaines des sélections, les incertitudes et les obstacles ne manquent pas sur la route de Véronique Pierron. D'abord, en s'entraînant désormais seule, elle ne profite plus de l'émulation au sein du groupe France.
Malgré toute la bonne volonté de ses partenaires d'entraînement sur la patinoire Barot à Reims, l'opposition demeure très faible durant les séances. « C'est le plus gros problème, admet-elle. Mais finalement je m'en sors pas si mal. Je prends ça comme un atout. J'apprends à ne compter que sur moi ». Un état d'esprit qu'elle doit également entretenir en compétition internationale puisque Ludovic Mathieu n'est évidemment plus à ses côtés. « Je sais que ce n'est pas évident, souligne son coach, d'autant qu'elle est jeune dans la discipline et que le mental est encore son point faible. Mais cela est très formateur. Il faut qu'elle apprenne à se prendre en main ».
Enfin, le dernier détail qui pourrait s'avérer déterminant est d'ordre technique. Véronique Pierron cherche encore un jeu de lames à son pied pour exprimer au mieux son talent. Elle ne désespère pas de trouver les bons réglages avant les deux échéances nord-américaines.
Nicolas ROY
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