Publié le jeudi 11 juin 2009 à 01H00 - Vu 169 fois
Le sujet ne semble pas effrayer les Vitryats : pour la réunion, ils se comptaient sur les doigts de la main.
Romain VAN-DYCK
OU bien l'info n'est pas passée, ou bien le sujet ne passionnait pas les foules…
En tout cas, le salon d'honneur de l'hôtel de ville était presque vide, mardi soir, à l'occasion de la réunion d'information sur le plan de prévention des risques technologiques (PPRT) de l'usine Yara. Une petite dizaine de Vitryats se sont en effet déplacés afin d'en savoir plus sur ce PPRT.
En face d'eux, des responsables de Yara, de la DREAL, de la DDE, et des élus locaux.
La rencontre a débuté par la projection d'un petit film qui explique le pourquoi et le comment du PPRT.
Pour résumer, l'entreprise Yara, classée Seveso haut seuil, peut stocker jusqu'à 8.000 tonnes d'engrais solides à base de nitrate d'ammonium, une substance très toxique si elle est exposée à une forte source de chaleur. D'où la nécessité d'établir un PPRT, qui a pour but de réduire les risques à la source, et de réglementer l'urbanisation aux alentours.
Les zones à risque
Premier bilan : autour de l'usine, onze zones sont plus ou moins exposées, notamment le passage à niveau et la rue de l'Europe, la maison « la canardière » (qui va être détruite), Champagne Céréales, Malteurop, la station d'assainissement, le concessionnaire Renault…
Pour ces zones donc, le risque d'intoxication est plus ou moins fort ; par contre, dans l'enceinte de l'usine, il pourrait être fatal.
Parmi les mesures qu'engendrera le PPRT, on peut citer la pose de panneaux d'avertissement, l'interdiction de manifestations publiques à proximité, la pose de vitres feuilletées pour les bâtiments limitrophes qui pourraient souffrir d'une explosion, même si « les risques de détonation sont très faibles », estime Thierry Dehan, chef de pôle risque à la DREAL… La parole a ensuite été laissée à l'assistance, dans un jeu de question-réponse… « Pourquoi ne pas éloigner l'usine, afin de limiter les risques ? » demande ainsi Jean Walczak, ancien Vitryat. « Parce qu'elle est là depuis trente ans, et qu'on ne déplace pas comme ça une usine », répond Thierry Dahan.
« Le lycée est-il exposé ? » Réponse : « Non, il se situe bien au-delà de la zone à risque. »
« Les riverains seront-ils informés sur la conduite à tenir en cas d'accident ? » « Des plaquettes seront distribuées, mais cela relève du PPI, le plan particulier d'intervention, qui dicte les conduites à tenir après l'accident : information et évacuation des riverains, organisation des secours, etc. »
« Pourquoi le schéma des zones à risque a la forme d'un ballon de rugby ? » « Parce qu'il tient compte des différentes installations sensibles à l'intérieur de l'usine, et des prévisions de propagation des fumées »
Pierre Ginefri, de la DDE, conclut sur un constat rassurant : « Un PPRT comme celui-là est facile à monter, car il n'y a pas d'enjeux extrêmement lourds, comme la présence de crèche, gare, hôpitaux à proximité. De plus, c'est un lieu de stockage d'engrais, pas de fabrication. La dangerosité est donc bien moindre. »
Prochaines étapes, une enquête publique en octobre, puis la soumission du PPRT à l'approbation du préfet, et enfin son inscription au plan local d'urbanisme. En espérant qu'il ne refasse plus parler de lui à l'avenir…
R.V-D.
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