Publié le vendredi 18 juin 2010 à 10H00 - Vu 40 fois
Il est le délégué de la Fondation de la France Libre mais il est surtout un ancien déporté résistant, inlassable veilleur de la juste célébration de l'appel du 18 Juin. Lorsqu'il entre dans l'armée de l'air en 1938, les relations européennes sont déjà dégradées et la menace d'un nouveau conflit est prise au sérieux. Louis Carrière, ce grand ado du sud-ouest marnais suit cette actualité nerveuse mais prépare avec soin son diplôme de radio navigateur qu'il obtient en mars 1940. Il est affecté au groupement de bombardement 1/15 de Reims mais les événements de mai le conduisent bientôt en Bourgogne à Saint-Yan. il sert à bord d'un quadrimoteur Farman et effectue au sein d'un équipage trois bombardements sur l'Allemagne. L'incessante progression des troupes allemandes et la maîtrise du ciel progressivement acquise par la Luftwaffe font que son unité est transférée au Maroc à la mi-juin.
peloton d'exécution ou déportation ?
Ceux qui pensaient poursuivre la guerre en Afrique du Nord sont rapidement déçus. Il faut attendre ou avoir l'opportunité de s'éclipser. Son unité n'est placée en congé d'armistice que de retour à Istres en décembre 1942 mais Louis Carrière ne reste pas inerte et profite de ses nombreux contacts dans l'armée de l'air pour intégrer le réseau Gallia. Il va d'abord travailler sur le secteur de Toulouse dans ce réseau dépendant du Bureau central de renseignement et d'action de Londres. Il est agent P 2 et sa rigueur ainsi que sa disponibilité conduisent ses chefs à le désigner pour diriger le réseau à Limoges en Haute-Vienne. Malheureusement, il est arrêté à l'automne 1943 par la gestapo et subit les terribles interrogatoires de ses nervis. Il est enfermé pendant près de deux mois à la prison Saint-Michel de Toulouse puis à peu près le même temps au fort de Ha à Bordeaux. Il est alors transféré au quartier des otages de la prison de Fresnes. Plusieurs détenus sont alors fusillés et il ignore alors quel sera son sort : le peloton d'exécution ou la déportation. Son envoi à Compiègne sera la réponse. Louis Carrière va connaître l'enfer des camps de concentration nazis avec un périple de cauchemar : Neue Bremm, Mauthausen, Gusen, Flossenbürg, Lutmeritz… Comme beaucoup, pendant longtemps, Louis Carrière a eu des difficultés à exprimer ce qu'il avait vécu tant cela paraissait inconcevable pour ceux qui n'en avaient pas été les victimes. Est venu le temps où il a choisi à son tour de témoigner tout en participant à la vie de l'Association des Français Libres. En 2004, le train de la France-Libre s'est arrêté en gare de Reims. De nombreux visiteurs ont alors découvert l'épopée vécue par ces hommes et ses femmes animés d'un patriotisme inaltérable.
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