Publié le vendredi 18 septembre 2009 à 01H00 - Vu 15 fois
La famille Bellavoine n'arrive pas à réaliser : Cécile et Éric, les parents, sont fiers de Loïc, leur fils de 12 ans. Lui ne comprend pas pourquoi certains dans le quartier disent qu'il est un héros.
Aur¿lie BEAUSSART
LOÏC, 12 ans, le bras en écharpe, est surpris qu'on puisse lui dire qu'il a été courageux, ce mercredi après-midi. « Il était 16 h 30 environ, je redescendais de mon entraînement de pétanque, j'ai vu beaucoup de fumée alors j'ai couru. »
Quand Loïc arrive devant sa maison située au 60, rue Pierre-Sémard de Gauchy, il aperçoit son père sur le balcon de la chambre.
Éric, 47 ans, le papa raconte : « J'étais à l'étage, quelques minutes plus tôt, j'ai senti une odeur de brûlé, ça me piquait aux yeux. J'ai voulu descendre, mais j'ai senti la chaleur, alors je me suis réfugié sur le balcon. »
Éric est mal voyant. « Il a perdu intégralement la vue d'un œil, de l'autre, il ne voit quasi plus, à part des ombres très floues », explique sa mère. Incapable de composer le numéro des secours, il jette du balcon le téléphone à son fils.
« J'ai eu un peu peur »
« J'ai composé le 18. J'ai eu un peu peur à ce moment, mais je savais que je ne devais pas paniquer pour que les pompiers comprennent. »
Après avoir raccroché, Loïc ne reste pas inactif : « Je suis monté sur la cuve à eau, puis, de là, sur le toit, j'ai avancé jusqu'au balcon que j'ai escaladé. Je voulais aider papa à sortir, mais quand je suis rentré dans la chambre, il faisait noir, la fumée m'empêchait de respirer. »
Loïc rebrousse chemin. Avec beaucoup de patience et de précaution, il aiguille son père à enjamber la balustrade en bois du balcon. Le père et le fils se retrouvent sur le toit.
La mère d'Éric et grand-mère de Loïc poursuit : « Un voisin, Philippe Besain, âgé d'une quarantaine d'années, passait en voiture à ce moment. C'est sa fille assise à l'arrière du véhicule qui lui a dit qu'elle avait vu un homme sur le toit. » Immédiatement le voisin fait demi-tour pour venir aider la famille Bellavoine en difficulté.
La suite ? Loïc, qui pense à la présence de l'échelle entreposée dans le garage, descend du toit. « On a essayé avec le voisin d'ouvrir la porte en bois accédant au garage, mais elle était bloquée. Je ne pensais qu'à une seule chose : sauver mon père. Alors j'ai donné un grand coup d'épaule sur la porte et la serrure, qui était abîmée, a cédé. » L'échelle est déployée.
« Un petit homme fort débrouillard »
Grâce aux indications, Éric le papa peut descendre, mais Loïc est inquiet, il a peur que la maison ne brûle totalement avant l'arrivée des secours, alors il va essayer de rentrer dans l'arrière-cuisine, là où l'épaisse fumée noire semble se dégager de manière la plus importante. « Je suis resté sur le pas de la pièce, les plaques au plafond s'étaient effondrées. C'était trop dangereux. »
C'est, devant la maison que, le voisin, Éric et Loïc vont attendre les pompiers. Le père et le fils, transportés aux Urgences, mercredi, vers 17 heures, par mesure de sécurité, sont ressortis quelques heures après.
Au final, Loïc s'en sort avec « un muscle allongé », Éric avec des difficultés respiratoires temporaires dues à l'émanation de fumées toxiques ainsi qu'un échauffement de la cornée.
Loïc, scolarisé en 5e, au collège Paul-Éluard à Gauchy, ne réalise visiblement pas que « ce qu'il a fait est extraordinaire à son âge. » Cécile, la maman, est fière de son fils : « C'est un petit homme, fort débrouillard. »
Éric, le père de famille, sourit, pour la première fois depuis le début de l'entretien : « Sans lui, je ne serais peut-être plus là où je serais blessé plus sérieusement. Mon fils m'a sauvé la vie. »
Du haut de ses 12 ans, Loïc, a déjà une petite idée du métier qu'il voudrait faire, une fois adulte : « Policier. »
Aurélie BEAUSSART
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