Publié le mardi 01 décembre 2009 à 01H00 - Vu 39 fois
Sur le port, l'activité revient progressivement depuis quelques années, sans atteindre les promesses de ses potentialités.
Tanguy Pallaver
L'œil tourné d'un côté de la ligne du temps, les nostalgiques de la grande époque du port de Givet refusent les nouvelles promesses qui n'arrivent jamais. De l'autre, le regard porté sur l'avenir, une armada tient le cap vers l'espoir de son développement, les nouveaux projets, les investissements. Amarrée au présent, la ligne d'horizon chevauche celle de la houle.
En 2009, entre 500 000 et 800 000 tonnes de marchandises auront transité par le port de Givet. Du bois, des agrégats, des fontes, du charbon, des engrais, un peu de cuivre et de bauxite… Les collines de métaux ferreux traitées par Belgian Scrap Terminal (BST) en activité depuis cet été ne démentent pas une reprise. Certes, cette société belge spécialisée dans le traitement de métaux aura dû attendre cinq ans pour s'installer. Le tonnage traité « n'est pas énorme pour l'instant », concède un employé. Les dix à quinze emplois promis il y a trois ans ne sont que cinq à l'heure actuelle. Mais « en 1995, il n'y avait plus rien », rappelle Claude Wallendorf. Le maire de la cité de Méhul ajoute que « trois prospects sont actuellement intéressés […] Un dans la sidérurgie, un dans les déchets valorisables pour produire de l'énergie, un dans les chantiers navals. » Des signes encourageants, mais prudence.
« La filière logistique est peu structurée en Champagne-Ardenne »
Si Givet est de nouveau le premier port de Champagne-Ardenne devant Nogent-sur-Seine en 2006 d'après l'Étude pour l'optimisation de la plateforme logistique en Champagne-Ardenne (réalisée par le cabinet CPV en mai dernier), l'activité reste « assez fluctuante ». En 2005, 263 000 tonnes. L'année suivante, 443 000. Et en 2007, 370 000 tonnes.
Les anciens salariés du port ont quant à eux des raisons de rester prudents sur sa résurrection annoncée. Michel Jaumotte, ancien directeur régional de la compagnie générale de navigation et de transport Sanara, conclut son livre « Le port de Givet, son histoire » (édité en 2008) dans la douleur. En 1994, lorsque la CCI de Charleville-Mézières s'apprête à racheter le port, elle commence par ne pas respecter ses obligations auprès de ses nouveaux employés, nous explique l'auteur. Et ce n'est que plusieurs années après qu'apparaît une volonté claire de rendre au port de Givet toute sa potentialité économique.
Depuis, les projets de redynamisation se succèdent. Les collectivités territoriales, l'Etat et la CCI des Ardennes mettent en avant le potentiel considérable du port. Une surface de 42 hectares dont 7 en bord de quai, trois darses, quatre môles, l'axe Reims-Paris tout proche, le futur canal Seine-Nord Europe qui développera le trafic fluvial et l'offre multimodale eau-rail-route en un même lieu et place… Dix millions d'euros sont investis entre 2000 et 2013 (plus 3 millions à trouver) dans divers travaux de réhabilitation. Un « partenariat avec le port autonome de Namur » est à l'étude, comme « l'élargissement de la porte de garde pour permettre un passage aux gabarits de 1 350 tonnes ». Et une plateforme de conteneurs multimodale est aménagée.
C'est justement l'une des principales pierres d'achoppement du dossier. « Décisive pour atteindre un modèle de transports de marchandises non routiers de 25 % d'ici 15 ans comme énoncé dans le Grenelle de l'environnement », selon les termes du cabinet CPV. Mais soumise à la volonté de la SNCF sur l'avenir du transport marchand et du rail dans la région. Et en butte à une filière logistique peu structurée en Champagne-Ardenne.
Tanguy Pallaver
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