Publié le dimanche 14 juin 2009 à 01H00 - Vu 27 fois
En quelques films et vingt-quatre mois, Audrey Dana a crevé l'écran. Elle le prouve encore dans « Tellement proches » d'Eric Toledano et Olivier Nakache qui sort mercredi prochain.
Le projet l'a immédiatement séduite : « J'ai été attirée par l'originalité du scénario, l'enthousiasme des réalisateurs et la drôlerie de mon rôle », confie-t-elle avec une loquacité qui ne la quittera pas durant près d'une heure d'entretien.
Le cinéma l'avait en fait peu sollicitée pour des comédies alors qu'elle s'était beaucoup exprimée dans ce registre dans les quatre pièces qu'elle a jouées depuis 2001 : « Le rire est bon pour la santé. Quand une salle pleine rigole, je me dis le soir, en me couchant, que j'ai participé au bonheur de l'humanité ».
Mais le genre lui importe peu alors qu'elle a montré un autre visage plus dramatique cette année dans « Welcome » de Philippe Lioret : « J'ai envie de beaux rôles dans des histoires universelles ».
Son nouveau film la présente en mère qui considère ses enfants comme des génies : « C'est un rôle de composition. Je cherche en général des éléments qui me permettent d'être plus ou moins la personne que j'interprète ».
Attachée à la famille
Mais cette femme qui s'invente un statut social dans la bourgeoisie et se cache derrière des masques ne lui ressemble pas du tout : « J'ai laissé faire le travail des costumiers, des coiffeurs et des réalisateurs pour qu'elle prenne sa place en moi. Au lieu de travailler sur sa construction, j'ai appris le texte deux mois à l'avance afin de me sentir libre et de totalement lâcher prise ».
Durant le tournage, l'interprète s'est complètement abandonnée à sa composition jusqu'au vertige : « Il y a toujours une part d'abandon mais elle est liée à un travail de préparation qui n'a pas eu lieu dans ce cas ».
Au final, elle s'est néanmoins trouvé des points communs avec cette petite bourgeoise : « Elle est loin de moi comme tous les gens truculents mais en même temps elle est ma folie ».
Très attachée à la famille, proche de ses six frères et sœurs, cette mère de deux garçons, Lucca, âgé de neuf ans, et Lee, né en décembre dernier, ne partage pas en revanche ses idées sur l'éducation. La liberté et l'amour représentent les deux valeurs essentielles pour elle : « Il faut dire tous les jours à ses enfants qu'on les aime et les pousser à s'exprimer ».
Le même idéal a guidé sa carrière. Depuis le jour de son enfance où, excédée par le tapage qu'elle faisait, sa sœur aînée lui avait prédit son métier, elle multiplie aussi les moyens d'expression. Elle écrit des scénarios et est également passée à la réalisation : « C'est parti du hasard. J'étais dans un moment de vie troublé sur le plan sentimental. Comme j'avais une petite caméra, j'ai filmé des couples en leur demandant leur vision de l'amour. Quand je suis sortie de mes méandres, j'ai voulu continuer ce travail ». Le court métrage « 5 à 7 » en a émané.
Un long métrage comme réalisatrice
Un long métrage suivra sur le même thème : « Love, love, love ». Elle le signera en duo avec son époux, Mabrouk El Mechri, lui-même réalisateur.
La mise en scène comble totalement son énergie : « On ne ressent pas de temps mort devant la caméra alors que, comme
acteur, on attend beaucoup sur un tournage ». L'interprétation ne passera pourtant pas au second plan. Après avoir tourné « Nous trois » de Renaud Bertrand dont elle ne tarit pas d'éloges, elle est actuellement de nouveau dirigée par Claude Lelouch à qui elle doit totalement son parcours cinématographique depuis « Roman de gare » qui l'a lancée en 2007.
Immobilisée sur son canapé à cause d'un problème à une jambe, cette Française, fille d'un Tunisien et d'une Américaine, trépigne à la perspective de retrouver dans une semaine les plateaux pour un rock acrobatique dans «Ces amours là», une saga de 1920 à nos jours, que le cinéaste a imaginée pour sa nouvelle muse: « C'est le plus beau rôle qu'on ne m'ait jamais proposé. Il a attendu que j'accouche pour le faire. J'espère être à la hauteur», conclut, enthousiaste de bout en bout, la nouvelle irrésistible actrice du septième art français qui, consacrée par le prix Romy Schneider en 2008, rayonne à l'image en dévoilant une faim de jouer insatiable: «J'ai envie d'expériences cinématographiques nouvelles».
Fabrice Littamé
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