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Ligne TGV Est européen Reims métropole retarde le moment de payer

Publié le mercredi 23 septembre 2009 à 01H00 - Vu 38 fois


Au final, l'agglomération rémoise aura payé 82,66 M€ pour avoir le TGV alors que des villes comme Lille, Bordeaux, Marseille, Lyon n'ont pas versé un centime.

Au final, l'agglomération rémoise aura payé 82,66 M€ pour avoir le TGV alors que des villes comme Lille, Bordeaux, Marseille, Lyon n'ont pas versé un centime.

Christian Lantenois


LES Rémois et les habitants de l'agglomération peuvent (et pourront) emprunter la tête haute la ligne TGV Est et demain, toute la ligne qui devrait relier Paris à Bratislava et Budapest via Munich et Vienne. Ils en auront payé une partie non substantielle, contrairement aux habitants de Lille, de Bordeaux et de Marseille dont les collectivités locales n'ont pas été sollicitées pour mettre la main au porte-monnaie.

Rappel des faits : pour le premier tronçon reliant Vaires-sur-Marne (Seine-et-Marne) à Baudrecourt (Moselle) via Reims, inauguré en juin 2007, comme le député maire Jean Falala s'y était engagé en juin 1997, Reims a dû payer 45,73 M€ et la communauté de communes 4,97 M€ (1), soit 8 % du coût de la première phase. La contribution champenoise ne s'arrête malheureusement pas là. Dans la droite ligne de programmation relative à la mise en œuvre du Grenelle de l'environnement, l'État a décidé en 2003 de réaliser les travaux de la seconde phase de la ligne du TGV Est reliant Baudrecourt à Vendeiheim au Nord de Strasbourg, soit 106 km pour un montant de 2,01 milliards d'euros. Une extension permettant de gagner 30 minutes supplémentaires sur le trajet Paris-Strasbourg. Et là encore, il demande aux collectivités locales de s'engager. Pour un montant de 1,59 % du coût total de la deuxième phase. Ce qu'accepte en janvier 2007 Jean-Louis Schneiter, maire et président de Reims métropole. L'ardoise s'élève à 31,96 M€ pour l'ensemble de l'agglomération rémoise, une somme qui initialement se décomposait en 29,44 M€ versés par la Ville et 2,52 M€ par Reims métropole, mais qu'Adeline Hazan, maire de Reims et présidente de la communauté d'agglo, a souhaité voir financée dans sa totalité par Reims métropole, eu « égard aux statuts de la communauté et à l'intérêt communautaire du projet ». Alors qu'à Nancy ou à Metz, c'est la Région qui a pris tout à sa charge.

Si l'élue accepte cette participation, « c'est par solidarité vis-à-vis des collectivités alsaciennes qui ont contribué au lancement de la première phase et parce que cette infrastructure soutient et accompagne le dynamisme des territoires ». Elle insiste « pour que l'État respecte ses engagements avec la Région et le Département, qui concernent l'électrification de la ligne ferroviaire Paris-Bâle section Gretz-Troyes, et assure la desserte ferroviaire de l'aéroport de Vatry ».

Respect des promesses

Lundi soir, au moment de passer à la caisse, l'élue a retiré la délibération. Non pas, parce qu'il y aurait un désaccord entre les communes dont certaines pourraient ne pas vouloir que Reims métropole prenne la quote-part dévolue à l'origine à la Ville de Reims. Mais parce que la présidente de l'agglo attend d'avoir la certitude que la Région, lors de sa prochaine session, augmentera bien d'une vingtaine de millions d'euros l'enveloppe de l'accord-cadre promis à Reims métropole pour divers travaux d'intérêts intercommunaux.

Une façon de compenser la non prise en charge en direct par la Région de cette importante participation.

Si le président de Région ne confirmait son engagement oral, cela pourrait lui coûter cher en soutien dans sa course à sa réélection à la tête de la Champagne-Ardenne.

Quant à Mme Hazan, qui a déjà apposé sa signature en bas de la convention de financement, les élus de l'agglo pourraient lui en vouloir sérieusement, et à juste titre, s'il s'avérait qu'elle leur a demandé que Reims métropole paie pour Reims sans contrepartie. Mais personne n'ose un instant imaginer le pire !

Alain MOYAT

(1) À l'époque, l'engagement portait sur une somme de 3,96 M d'euros valeur juin 1997 : montant actualisable. Reims métropole devait décider lundi soir de verser 32 M d'euros au titre de la contribution de l'agglomération à la 2e phase de la construction de la ligne du TGV Est européen. La délibération a été reportée à novembre.

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