Publié le lundi 01 février 2010 à 01H00
Dans ce couple de gérants, c'est Evelyne qui porte la culotte et Francis le chien. Une image pourtant dangereusement trompeuse.
UN paranoïaque, un mythomane, un mystificateur, un sanguin toujours à la limite, un type que cela n'émeut pas de traiter les gendarmes et inspecteurs de la Ddass de « ripoux » ou de vilipender, à Soissons, un président de tribunal prétendument alcoolique…
Les faits et gestes de Francis Nautré sont connus de la justice et des forces de l'ordre. La partie mâle du couple à la tête de l'établissement n'est que co-gérant de la maison de retraite mais c'est sur lui que se concentrent les regards. Et ça n'est pas pour lui déplaire. A 58 ans, cet ancien garagiste aux doigts d'or charie dans son sillage les rumeurs les plus folles. Et des tombereaux d'envieux…
Un fin stratège
Francis Nautré, ce sont ses amis qui en parlent le mieux. Il lui en reste quelques-uns… « Il faut trier un maximum dans tout ce qu'il dit mais sur le fond, c'est un entrepreneur, un type qui se bat ».
Ce confident ne tient pas à être identifié. Il a une excellente excuse, que l'on exposera demain. Car si l'affaire de Nautré est encore debout, si malgré les injures, les menaces et les contrôles, les Tourterelles poursuivent leur vol, c'est dans une large mesure grâce à un fabuleux réseau à l'intérieur duquel cet interlocuteur à la vue sur tous..
La préfecture gênée
Francis Nautré, le bâtisseur -il a fait les plans de son établissement et construit l'ensemble de ses mains avec son fils et des « amis »- a oublié d'être stupide et surtout, il sait s'entourer. Un stratège ? Pas loin. Du reste il fallait un peu de cervelle en 1990 pour résister aux crispations du conseil général version Girod, pour décrocher l'agrément coincé sous les piles de dossiers -l'appui du Pr Cabrol n'a pas été inutile- et parvenir à rentabiliser une affaire alors que le contexte (on en voit le résultat aujourd'hui) se durcissait. Mais cela, c'est le passé.
L'entreprise Nautré dégage ses 150 000 euros de résultat chaque année, son concepteur (et la directrice, n'oublions pas la directrice, Evelyne Nautré) a élargi ses priorités, il joue avec ce qu'il gagne et ce n'est pas le commissaire priseur Hervé Collignon, un bon copain de Francis, qui prétendra le contraire.
Et nos aïeux dans tout ça ? Maltraités ? La Ddass, qui possède des éléments sérieux à ce propos et derrière le Préfet, sont pas mal gênés sur ce dossier, d'autant qu'ils ont fouetté la bête pendant qu'elle jouait la montre.
Les patrons aujourd'hui, sont au bout de leur parcours et à bientôt soixante ans, ils cherchent à vendre. L'ensemble, à plus d'1, 2 millions d'euros ?, ça ne sera pas gagné. Le fonds alors, les lits ? C'est déjà envisagé.
Quoiqu'il advienne, Francis et Evelyne Nautré, n'ont pas dit leur dernier mot. Francis surtout. Mais il faut dire que ça lui a pris assez tôt…
(2e volet dans notre édition de mardi).



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