Publié le mercredi 02 avril 2008
Selon la CFTC et la CGT, « il y a des postes menacés, mais sans que l'on sache où ».
Philippe Robin
PLUS de 90 % du personnel de Vico, à Montigny-Lengrain, a selon les syndicats CFTC et CGT, répondu à leur appel en débrayant hier en milieu de matinée afin de marquer leur « vigilance » à la veille de la réunion du comité central d'entreprise d'Intersnack France qui doit aujourd'hui se réunir à Roissy.
Le 19 mars, le groupe avait annoncé qu'il décidait de concentrer son activité industrielle sur son usine axonaise (l'union du 20 mars), qui emploie actuellement 252 salariés, et d'y investir 20 millions d'euros sur 3 ans.
Ce redéploiement aurait comme conséquence la fermeture du site de Noyon, dans l'Oise, où travaillent 183 personnes. Si les syndicats ne devraient connaître qu'aujourd'hui le détail des mesures d'accompagnement de cette réorganisation d'Intersnack, il s'agissait pour les grévistes, expliquent d'une même voix les syndicalistes CGT et CFTC, de notamment « demander une certaine équité » entre le personnel des différents sites Intersnack. « Chez Lorenz, à Noyon, ils ont un système de prime d'assiduité de 630 euros, qu'il n'y a pas ici » indique Frédéric Charot, délégué CFTC.
« Nous sommes dans le même groupe. Il faut les mêmes primes pour tout le monde », renchérit Manuel De Andrade, délégué central CGT, qui, en ce qui concerne les investissements annoncés, exprime ses réserves : « En 2005, on avait annoncé 15 millions d'euros d'investissements. Il n'y en a eu que 5. On attend de voir pour y croire. »
Manuel De Andrade souligne tout autant ses craintes quant à la navette prévue par la direction pour transporter jusqu'à Montigny-Lengrain les salariés de Noyon après la fermeture de leur unité de production.
« Espérons que ça sera bien une navette qui ira de Noyon à Montigny et pas de Montigny à l'ANPE », note le syndicaliste, pour qui « on n'a jamais vu une restructuration se faire avec des créations d'emplois ».
Selon la CFTC et la CGT, « il y a des postes menacés, mais sans que l'on sache où ».
Pour Frédéric Charot et Manuel De Andrade, comme pour leurs collègues syndicalistes Freddy Verdier (CFTC), Yvan Rabeve et Lilian Idée (CGT), « il ne sera de toute façon pas question d'accepter des licenciements secs ».
Le mouvement d'hier s'est limité au débrayage suivi le matin, celui prévu à 15 heures ayant été annulé après une rencontre avec la direction* en début d'après-midi.
Lors de l'annonce des investissements de 20 millions d'euros, les élus vicois avaient, pour leur part, exprimé tout à la fois leur « satisfaction » devant cette « bonne nouvelle » mais aussi une certaine prudence quant aux conséquences sociales que pourrait revêtir la réorganisation d'Intersnack France.
Philippe Robin
* La direction d'Intersnack France était, hier, injoignable.






Réagissez