Publié le jeudi 11 septembre 2008 - Vu 88 fois
La guerre des trois n'aura pas lieu. En tous les cas pas aujourd'hui. Les trois sous-préfectures des Ardennes (Rethel, Sedan, Vouziers), dont certains médias nationaux ont annoncé hier la possible disparition, ne semblent pas s'inquiéter outre mesure.
Comme 112 autres sous-préfectures en France (parmi les plus petites), elles sont citées dans un arrêté interministériel publié au Journal officiel cet été (le 25 juin). L'arrêté annonce la création d'un nouveau poste : le « conseiller d'administration de l'intérieur et de l'outre-mer ».
Ce conseiller peut désormais accéder à tous les postes de sous-préfet d'arrondissement de 2e catégorie : cela représente 115 des 241 sous-préfectures. « C'est beaucoup », reconnaît-on dans les Ardennes.
De là à annoncer la disparition des sous-préfectures (pour « économiser les frais de chauffeur, de jardinier ou de lingère », comme l'annonçait la radio Europe 1 !), il y a plus qu'un pas, que se refusent à franchir les agents des « sous-préf' » ardennaises.
Il est difficile d'avoir le sentiment des sous-préfets en exercice (Michel Richard à Vouziers depuis six mois, Emmanuel Gérat à Rethel depuis un an et demi, Éric Cluzeau à Sedan depuis deux ans et demi). Le nouveau préfet des Ardennes entend faire respecter à la lettre le devoir de réserve avant les élections sénatoriales.
À Sedan, parmi la dizaine d'agents de la sous-préfecture, on se dit « sans souci ». « Nous représentons l'État auprès de 60.000 Ardennais, dont 20.000 Sedanais… »
Bref, si des sous-préfets viennent à disparaître, ce ne sera sans doute pas là en premier.
Démographiquement parlant, la sous-préfecture de Vouziers a plus de chances de perdre son sous-préfet le jour où Michel Richard sera nommé ailleurs.
D'une manière générale, les sous-préfets ardennais ne se sentent pas vraiment concernés pour deux raisons. D'abord parce qu'il s'agit avant tout, selon eux, d'une « réforme managériale qui n'entraînera pas la disparition des sous-préfectures ».
Les conseillers d'administration auront des attributions et des pouvoirs identiques, et resteront les représentants de l'État. Seule différence : le poste pourra revenir à un fonctionnaire et non plus seulement à un membre du corps préfectoral (diplômé de l'Ena).
Seconde raison : ces conseillers d'administration devraient essentiellement (au moins au début) remplir des postes vacants. C'est le cas par exemple à la sous-préfecture de Montdidier (Somme).
Pour éclaircir la situation, la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie devrait faire une communication dans les jours qui viennent. Rappelons que les missions essentielles des sous-préfectures sont la délivrance des titres (carte d'identité, immatriculation, carte grise…), la réglementation (enregistrement des associations, encadrement de manifestations…) et les relations avec les forces vives (les demandes de subventions de l'état passent souvent par les sous-préfectures).
Guillaume Lévy
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