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Les derniers secrets des fouilles

Publié le dimanche 29 novembre 2009 - Vu 35 fois


Une occupation domestique du IIIe-IVe siècle à Loisy-sur-Marne

Une occupation domestique du IIIe-IVe siècle à Loisy-sur-Marne


LES archéologues font leur bilan de l'année : ils sont intervenus hier à Noyon dans l'Oise pour la Picardie et le feront samedi prochain à Châlons-en-Champagne pour la Champagne-Ardenne. Des journées ouvertes au grand public.

Les communications émanent en partie de chercheurs de l'Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) dont les directions régionales sont situées à Amiens et à Metz.

En pleine croissance

L'antenne picarde effectue en moyenne 150 interventions par an, dont une vingtaine de chantiers. Son homologue champenoise compte cette année 120 opérations, dont une dizaine plus approfondies

Mais cet organisme de l'État est, de plus en plus, confronté à la concurrence dans le domaine public également. Dans les Ardennes, le conseil général a ainsi créé cette année une cellule départementale

La municipalité rémoise s'est également dotée d'une telle structure : le service archéologique de Reims Métropole. Dans cette ville, des sociétés privées se sont installées comme Evéha ou l'Archéosphère.

Directement liée à l'aménagement du territoire, cette explosion du marché de l'archéologie est due aux contraintes en matière de travaux : une loi oblige l'aménageur à payer une redevance aussi bien pour le diagnostic de la zone en cause que pour les fouilles, si l'étude préalable laisse supposer des découvertes intéressantes.

« Il faut compter 100 000 euros pour 200 000 m2 », précise Richard Rougier, adjoint scientifique et technique en Picardie à l'Inrap. Mais, quand l'intervention se révèle plus minutieuse avec la truelle qu'avec la pelle, comme la nécropole d'Attichy, les données financières changent : il en a coûté 75 000 euros pour 1 300 m2.

Ce système demande du temps et de l'argent. Les propriétaires des terrains concernés préfèrent se tourner vers des opérateurs plus rapides et moins onéreux que les services étatisés, dont l'organisation reste plus lourde.

L'autorisation pour toute intervention leur incombe néanmoins. Dans chaque région, la Drac (direction régionale des affaires culturelles) étudie la compétence de l'intervenant désigné à la suite de l'appel d'offres avant de lui accorder le feu vert.

La connaissance de notre passé

La connaissance de notre histoire est aujourd'hui mieux éclairée que par le passé. L'archéologue rémois Philippe Rollet, qui est intervenu sur les bords de la Vesle à Reims, regrette que l'aménagement de la rivière n'ait pas été précédé, aux débuts de cette métamorphose du paysage urbain, voici trois ou quatre décennies, par des opérations archéologiques.

Les sites qui ont été étudiés ces derniers mois remontent au néolithique, notamment dans l'Aube avec un site exceptionnel à Pont-sur-Seine.

La Marne se singularise davantage par des traces d'occupation qui, gravitant autour des premières années en amont ou en aval de notre ère, remontent aux Celtes, Gaulois ou aux Gallo-Romains, comme en témoignent les découvertes rémoises sur les bords de la Vesle, une occupation domestique du IIIe-IVe siècle à Loisy-sur-Marne, une aire funéraire laténienne à Trois-Puits, la sépulture gauloise de la Cheppe ou encore une nécropole gallo-romaine de périnatals à Bezannes.

Le Moyen-Âge, l'époque la plus récente, sera abordé à travers les exemples de l'abbaye de Morimond des XIIe et XIIIe siècle en Haute-Marne, de l'église romane Saint-Alpin à Châlons-en-Champagne ou encore du château de Nogent-l'Artaud dans l'Aisne.

Ce département affiche une plus grande diversité : il concerne aussi bien le néolithique, avec l'enceinte de Crécy-sur-Serre, l'âge du fer avec l'enclos de Cuiry-les-Chaudardes, que le gaulois avec les tombes à char d'Attichy étudiées par le centre de Soissons. Toutes les communications témoignent de la richesse du millésime 2009 qui, sorti de terre, semble, par des objets ou des structures, raviver une vie vieille de siècles ou de millénaires.

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