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Les Ardennais sont formidables Le « p'tit resto du cœur »

Publié le mercredi 29 avril 2009 à 01H00 - Vu 15 fois


Sylvie et sa fille Katia, collégienne à Turenne, .

Sylvie et sa fille Katia, collégienne à Turenne, .

Karen KUBENA


UNE entrée à 1,50 €, un plat du jour à 2 €, accompagné d'un quart de vin à 1 €… Oui, c'est possible à Sedan, chez « Sylvie et Katia ». Le petit pas-de-porte est au n°20 de la rue du Ménil. Bon, c'est vrai, ce n'est pas très grand, mais la grande majorité de la clientèle opte pour la formule « à emporter ».

Derrière son comptoir Sylvie à l'air enfin heureuse : « J'ai vécu un véritable cauchemar ces dernières années. J'ai d'abord eu la douleur de perdre mon fils, Fabien, il y a huit ans. Il n'avait que quinze ans lorsque la maladie l'a emporté. Ensuite, il y a eu mon divorce. Je me suis retrouvée seule avec ma fille. Et là, ça faisait six ans que je vivotais entre le RMi et, de temps en temps, un petit boulot. J'ai fini par sombrer dans la dépression. Je me croyais finie » Katia confirme en se serrant contre sa mère : « Elle a failli mourir, maman ». Sylvie ne s'en cache pas : les Restos du Cœur, elle a connu. Elle y a été pendant des années.

« Je n'avais pas un sou… »

« C'est un peu ce qui m'a donné l'idée d'ouvrir une sorte de resto-sandwicherie pour les plus démunis. Je sais ce que c'est que de vivre avec 500 € par mois et je sais qu'il y en a beaucoup qui sont dans mon cas, ici. C'est en pensant à tous ces gens que j'ai décidé de me lancer dans l'aventure. Car, pour moi, c'en est une ».

Elle a d'ailleurs eu du mal à commencer l'aventure. En effet, le scénario ne plaisait par vraiment aux banques : « Je n'avais pas un sou et il me fallait 8.000 € pour démarrer, à savoir 5.000 € pour le pas-de-porte et 3.000 € pour le matériel. Bien évidemment, il n'y a aucune banque qui a accepté de me suivre ». Finalement, un prêt de 5.250 € lui sera accordé par l'ADIE (Association pour le droit à l'aide à l'initiative économique). « Le reste, c'est mon ex-mari qui a bien voulu me l'avancer », confie-t-elle. Restait ensuite à se mettre au fourneau.

« J'ai appris à cuisiner avec ma mère, c'est-à-dire à l'ancienne. Et je me débrouille plutôt bien ». Jean-Claude, client depuis le premier jour, confirme : « C'est pas cher et c'est excellent ».

Il est vrai que 6 € pour un steak-frites-salade, cela reste plus que raisonnable. Et que dire du petit dej' à 4,50 €, comprenant une pâtisserie au choix, deux tartines avec beurre et confiture de framboise « maison » (authentique, on a goûté, c'est une merveille) et… deux tasses de cafés : « une pour tremper les tartines et une pour se rincer le gosier », précise Sylvie en se marrant. Quand on vous disait qu'elle allait mieux…

O.R.

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