Publié le jeudi 26 mars 2009 à 01H00 - Vu 68 fois
Des mesures de chômage partiel ont déjà été mises en place chez Legras.
R¿mi Havyarimana
LA crise économique n'épargne pas Legras Industrie, fleuron de l'industrie locale, fabricant de semi-remorques, exportés en Europe, en Afrique et au Moyen-Orient.
L'activité environnement et traitement des déchets représente 50 % du chiffre d'affaires de la société et c'est le secteur le plus touché par la crise selon Jean-Rémy Legras, PDG. « C'est une chute d'activité sans précédents. Parmi nos gros clients français que sont Suez, Veolia ou les Ciments Lafarge, plus personne n'investit, constate-t-il. Ils sont asphyxiés par leur banque ». Par ailleurs, la baisse de la consommation entraîne une baisse de la production des déchets.
Des opérations de soudure
En 2008, Legras vendait 15 semi-remorques par semaine. Le carnet de commande était plein, l'entreprise embauchait et tout le monde faisait des heures supplémentaires. Au premier trimestre 2009, ce chiffre a chuté à trois, voire deux unités hebdomadaires.
« Dans la tempête, on réduit la voilure et on prend un cap. On se débat pour donner de l'oxygène à nos usines », lance le PDG. Outre les neufs licenciements prononcés la semaine dernière, six dans la production et trois dans l'administration, Legras industrie a pris la décision de relocaliser certaines de ces activités pour faire travailler ses salariés sparnaciens.
« Des opérations de soudure et d'oxycoupage que nous sous-traitions en France seront réintégrées sur Epernay afin de sauvegarder un maximum d'emplois ici et de limiter le chômage technique », annonce Jean-Rémy Legras.
Les châssis de semi-remorques en acier, alors montés dans des usines au Maghreb seront aussi fabriqués à Epernay.
« Si on peut faire cela, c'est parce que notre main-d'œuvre est professionnelle, compétente et flexible », justifie-il. « Dans cette société, on n'a pas de postes fixes, dit même Bruno Blanchard le délégué syndical, on est tous polyvalents ».
Les opérateurs qui faisaient de la carrosserie aluminium vont devenir constructeurs de porte engins en acier. Des changements qui n'effraient pas les salariés, bien conscients qu'ils n'ont pas le choix comme l'explique Bruno Blanchard : « On doit se remettre en question si on veut garder notre emploi. Nous allons faire des efforts pour être aussi compétitifs que nos anciens sous traitant. »
Ces mesures de relocalisation rassurent quelque peu le personnel. Même si les licenciements, officialisés une semaine seulement après que le mot eut été prononcé pour la première fois en réunion de comité d'entreprise, restent en travers de la gorge.
« Heureusement qu'on a M. Legras »
« On ne travaille plus que vingt-huit heures par semaine. À la fin du mois, la différence sur le bulletin de paie devrait être de 200 à 300 euros. mais pour le maintien de l'emploi, on est tous prêts à chômer », assure Jean-Marc Brasseur, délégué du personnel.
Avec Bruno Blanchard, ils se sont chargés d'annoncer les mauvaises nouvelles, la semaine passée. « Ce n'est pas simple d'aller voir des collègues et de leur dire : c'est toi qui es licencié. On n'espère ne plus avoir à refaire ça ». Mais malgré ces événements douloureux, les employés de Legras se sentent presque privilégiés.
« Heureusement qu'on a M. Legras. On voit qu'il se démène et qu'il ramène des commandes de chacun de ses voyages à l'étranger. Si la société appartenait à des actionnaires, on n'aurait sûrement pas eu recours aux relocalisations », suppose Bruno Blanchard.
Une attitude louable à l'heure où le patronnat est souvent décrié, pour ses bonus ou ses parachutes dorés.
Rémi Havyarimana
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