Publié le mercredi 19 août 2009
Vincent Corcy : « Pour l'instant, ouvrir le dimanche n'est pas une demande des commerçants de la zone. »
St¿phane MASSE
LAON ville d'arts et d'histoire, c'est acquis. Laon ville touristique, il y a une hausse depuis quelques mois c'est évident, le Center parcs Aisne jouant l'effet multiplicateur. Alors, pourquoi ne pas profiter pour tenter l'aventure du classement « commune touristique » et ainsi bénéficier des opportunités de la loi sur les ouvertures dominicales. Pour rejoindre des villes comme Ajaccio, Amboise (y a pas vraiment de mer là-bas !) ou les Gets (nous aussi on a une montagne).
Le principe est simple, c'est la commune qui doit postuler auprès de l'État, via les services préfectoraux, ces derniers se renseignant eux-mêmes auprès des services de tourismes du département. Une procédure parfois lourde mais qui vient d'être simplifiée en confiant le contrôle à des organismes privés, ainsi que la création d'un office central chargé de dynamiser le tourisme en France.
À Laon, au niveau municipal, on avance à pas comptés sur ce dossier. Le maire n'étant pas disponible, son cabinet demeure prudent sur une possibilité de se lancer. « Nous avons un potentiel de touristes qui pourrait justifier cette démarche », explique-t-on dans l'entourage du maire, « mais nous ne pouvons lancer cette procédure que s'il y a une demande ou une attente chez les commerçants de tous les secteurs de la ville. »
Peu de volontaires
Côte commerce traditionnel, il est déjà dur -c'est un reproche récurrent des gens de passage, voire de certains Laonnois- de trouver des commerces ouverts entre midi et 14 heures, que ce soit en ville haute, basse ou zone commerciale. Le soir, exceptés les restaurants et bars (pas en intégralité), rares sont les boutiques à jouer la carte de l'ouverture tardive. Un constat identique le dimanche. Alors ? « Là, la ville ne peut pas se substituer à la démarche des privés », explique le cabinet du maire, « c'est un calcul que chaque boutique doit réaliser. » Savoir si ouvrir quelques heures de plus sera rentable.
Côté zone commerciale, l'ouverture du dimanche est un sujet qui ne fait pas l'actualité. Par exemple, lors de la dernière assemblée des commerçants de la galerie Romanette, pas une fois ce dossier n'a été évoqué. Comme l'indique Vincent Corcy, l'actuel président de cette association : « Je ne pourrais parler qu'en mon nom. Mais une chose est sûre, Laon est une ville touristique. À la rigueur, il n'y a même pas à chercher à obtenir cette qualification, excepté pour les avantages qu'elle procure. La ville médiévale a toujours attiré les touristes, certes de passage faute d'un volume d'hébergement suffisant. » L'homme tempère quand même ce constat.
« Il y a des lacunes, même si le travail entrepris en ville haute va dans le bon sens. « Le plateau » a du mal à réaliser sa mue. Un peu à l'image du département. À mon avis, il y aurait besoin d'un coup de pouce à cette transformation, une grande politique de promotion du tourisme entre les villes. Comme Reims le fait en s'appuyant sur les villes de la grande région. »
Quant à l'ouverture le dimanche, le pharmacien qu'est ce président est assez septique : « Je vois mal le touriste venir acheter de la poudre à récurer en même temps que sa visite à la cathédrale… » Oui, mais ces produits du terroir…
Stéphane MASSÉ




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