Publié le mercredi 19 mars 2008
Aucun nom sorti d’une pochette surprise par l’Élysée ! Il s’agit d’un petit réaménagement mais qui va générer des dépenses supplémentaires. Et en période de vaches maigres on se doit plutôt d’être économe en moyens sans se priver de compétences. Etait-il nécessaire de créer quelques secrétariats d’Etat gadgets pour récompenser à la fois de rares vainqueurs des municipales, d’honnêtes tâcherons de l’UMP et sécher les larmes de déçues du printemps ? Ce gouvernement étoffé est d’abord celui de la continuité puisque la totalité des ministres est préservée. Les poids lourds reçoivent en prime plusieurs poids plumes pour réaliser une politique toutes catégories avec l’obligation de mieux hiérarchiser les priorités et d’expliquer les changements engagés. L’ensemble va être plus difficile à diriger à moins que François Fillon n’impose une discipline de fer et n’exige de tous une solidarité exemplaire. Le nouveau gouvernement serait bien inspiré de lire le dernier baromètre de BVA. Peut-être comprendra-t-il que le bingo de la gauche aux municipales doit beaucoup à la répétition de l’effet Fabius. Les électeurs ont cru l’ancien Premier ministre lorsqu’il annonçait un plan de rigueur de la droite après le scrutin. On sait ce que le coup de la TVA sociale a déjà coûté à la majorité sarkozienne aux législatives. Cette fois l’addition est terriblement plus salée. Même s’il a fait acte de résistance sur le plateau des Glières en gardant le cap des réformes, Nicolas Sarkozy mesure les insuffisances de sa communication confiée à des courtisans brouillons et illisibles, tout comme l’inefficacité des arguments à l’eau de rose de l’UMP pour contrer le hiérarque socialiste et les siens. Le chef de l’Etat ne peut pas ignorer les effets du cumul des frustrations, sociales à gauche et réformistes à droite, ni cette fracture entre les attentes des retraités et celles des actifs. Bref, le gouvernement a du boulot.
Hervé Chabaud





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