Publié le lundi 18 mai 2009 à 01H00 - Vu 182 fois
Celle-là, autant vous le dire de suite, n’est pas faite pour me déplaire, je la trouve même particulièrement mignonne. Jugez plutôt : Jean-Marie Le Pen m’écrit – mais oui – en recommandé avec accusé de réception (ci-contre la bafouille aux armes frontistes), histoire de me donner en quelque sorte des nouvelles du Front – plutôt en forte baisse d’ailleurs – et de menacer l’union et l’Ardennais des foudres de ses avocats.
Voire plus sans doute puisqu’il paraît que « les responsables et les militants locaux du Front » sont très colère de ne pas trouver dans les huit éditions de l’union et dans l’Ardennais les comptes rendus journalistiques détaillés à chaque fois que fifille, Marine Le Pen, et Bruno Gollnisch, le prétendant au titre, pointent le bout de leur museau en Champagne-Ardenne-Picardie dans le cadre des Européennes.
Oui, et alors ?
Eh bien, c’est assez simple mais hélas moins rigolo, faut le dire, que l’histoire du vrai-faux docteur en médecine qui fait des gardes au sein de l’appareil municipal de Reims et qui colle comme un bout de vieux sparadrap sur l’écharpe tricolore de dame la maire, Adeline Hazan.
Parce qu’une figure locale, un fort en gueule et en communiqué, membre du Front national, copain du patron du Front, en affaire à l’époque de quelques pieds de vigne en Champagne avec Jean-Marie Le Pen, fort mécontent de s’être retrouvé dans la rubrique faits divers, est venu en début d’année 2008 rouer de coups, dans le hall de l’union, le journaliste auteur du papier en question, les candidats du FN au Parlement européen attendront quelque temps encore, c’est-à-dire le temps qu’il faut, avant qu’on leur ouvre de nouveau nos colonnes.
Voilà, c’est tout. Cela s’appelle une punition et me semble aller très bien avec la liberté de la presse qui n’est pas – encore – dans l’obligation de se précipiter sur le porte-plume aux moindres roulements d’épaules de Jean-Marie Le Pen, de ses petits camarades, ni des autres d’ailleurs...
Du coup, si je puis dire, je profite de l’occasion pour rappeler à nos lecteurs qu’il arrive fréquemment aux élus, présidents de conseils généraux, UMP exclusivement, mais aussi à certains maires, de Reims par exemple, d’exercer à l’encontre de nos journaux – tout ça avec l’argent du contribuable – une sorte de chantage sournois à la publicité dès lors que les articles sont jugés par ces messieurs-dames « bons » ou « mauvais »… Mais ceci est une autre histoire qui ne devrait pas tarder à être racontée dans ses moindres détails un de ces jours en page 2.
C’est aussi une façon comme une autre d’apporter notre contribution et l’une des pierres manquantes – l’indépendance de la presse – à l’édifice des États généraux de la presse quotidienne et régionale, si cher à Nicolas Sarkozy…
Jacques Tillier
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