Publié le lundi 15 septembre 2008 - Vu 18 fois
Romain Bourdon devant son toit recouvert de panneaux photovoltaïques.
Mirko Spasic
DANS le gite qu'ils ont créé à Éteignières, Romain Bourdon et Sophie Thiriet ont voulu apporter leur pierre au développement des énergies renouvelables.
Début 2006, ils ont envisagé l'installation de panneaux photovoltaïques sur un de leurs toits.
« Esthétiquement, j'aurais sans doute préféré un beau toit en ardoise » explique Romain Bourdon. « Mais la situation plein sud de ce toit se prêtait très bien à un tel équipement ».
D'autant plus que le toit n'est pas en façade et que l'aspect final est très sobre.
Le couple a opté pour une surface supérieure à la moyenne des installations de ce type chez des particuliers. Surface qui excède rarement 25 m2.
Ils disposent ici de 32 m2 de panneaux photovoltaïques, qui ont produit 3.200 kw/h, revendus à EDF.
Investissement lourd
La société leur a versé 1.700 € la première année, au tarif de 57 centimes le kw/h. « Soyons honnêtes, nous espérions plus, mais dans nos régions, la météo reste capricieuse ! C'est tout de même très convenable et il faut être clair, on ne doit pas vouloir faire une telle installation pour gagner de l'argent ».
En effet, l'investissement reste lourd, en moyenne 1.000 euros le m2. « Le retour sur investissement est prévu au bout de 14 ans. Ce n'est d'ailleurs pas mal, dans la mesure où les équipements, panneaux et même onduleur, ont une durée de vie largement supérieure ».
Un crédit d'impôt de l'État et des taux réduits auprès des banques pour les emprunts « verts » adoucissent la facture. Ce crédit d'impôt n'est pas soumis à des conditions de ressources, dès lors qu'il porte sur des systèmes utilisant des énergies renouvelables (bois, solaire, vent…), des matériaux d'économie d'énergie pour les bâtiments existant (isolation, vitrage performant…) ou la récupération d'eaux de pluie.
Public intéressé
Malgré une météo exécrable, le couple a reçu de nombreux visiteurs samedi à l'occasion d'une journée de visites organisée par l'Agence locale de l'énergie des Ardennes basée à Attigny et à Charleville-Mézières. Les questions ont fusé et permis de faire quelques mises au point. Produire de l'énergie propre est une chose « mais il ne faut pas oublier que le plus économique et le plus écologique est de commencer par réduire ses consommations d'énergie » rappelle Guillaume Champvillard, ingénieur en thermique à l'ALE 08.
De la même manière, une telle installation est un « plus » non négligeable, mais un tel investissement reste peu pertinent si la maison n'a pas été correctement isolée ou si le chauffage reste gourmand et polluant. « Contrairement à ce que pense parfois le public, une telle installation ne peut en aucun cas servir à faire fonctionner directement le chauffage électrique de la maison » ajoute Julien Mater, du CAL-PACT, le Centre d'amélioration du logement - protection, amélioration, conservation et transformation de l'habitat. Il reste à convaincre les Ardennais et plus généralement les Français du bien-fondé de ce type d'installation, dont une vingtaine d'exemplaires environ existent dans le département.
Mirko Spasic
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