Publié le mardi 05 mai 2009 à 01H00 - Vu 2 fois
Les volumes de déchets ont perdu 30 % par rapport à 2008.
Karen KUBENA/l'Union Reims
Les déchets, ça eut payé mais ça ne paie plus… L'économie jusque-là florissante des entreprises de recyclage n'est pas épargnée par la crise.
La baisse du prix des matières premières a rendu le recours aux matières secondaires (issues du recyclage) moins avantageux. « Aujourd'hui, les matières premières recyclées sont seulement 30 % moins chères que les matières premières initiales. Avant, la différence était de 50 % », témoigne David Hervieux, responsable de la valorisation chez Sita-Dectra, filiale de Suez Environnement.
Sur ce marché international, les prix font le yo-yo. Le cours officiel de la tonne de films et de housses plastiques s'établissait, il y a un an, à 480 € la tonne, maximum en prix de vente.
Cette matière ne valait pratiquement rien à la fin de l'année 2008. La tonne ne pesait plus que quelques dizaines d'euros début 2009 et les cours oscillent désormais autour de 270-290 €. Selon la Fédération des entreprises du recyclage, le chiffre d'affaires de la profession s'est effondré d'un tiers au quatrième trimestre 2008 comparativement au quatrième trimestre de l'année précédente.
« Stabilisation en 2010 et reprise en 2011 »
Non seulement la matière à recycler se vend moins cher mais en plus, elle est moins abondante. D'abord, la baisse de la production industrielle a conduit de facto une baisse de la production de déchets. « Par rapport à 2008, il y a une baisse en volume de 30 % pour les housses et les cartons », constate M. Hervieux. Ensuite, sur le marché domestique, le déchet se ferait presque rare. Comment les professionnels voient l'avenir ? « L'année 2009 restera très fluctuante, on s'attend à une stabilisation des prix en 2010 et à une reprise en 2011 », estime M.Hervieux. L'avenir de ce business vert n'est pas sombre. Le Grenelle de l'environnement a fixé pour objectif le recyclage, à horizon 2012, de 75 % des déchets issus des emballages ménagers et de 75 % des déchets des entreprises. Les taux actuels étant de 62 % et 68 %, la marge de progression devrait assurer une activité accrue aux sociétés spécialisées.
Julien bouill
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