Publié le mardi 24 novembre 2009
Damien Deschamps a été tué de 20 coups de couteau.
Christian LANTENOIS
L'ENQUÊTE sur le meurtre de Damien Descamps, ce militaire du 501e RCC de Mourmelon tué dimanche matin par un camarade de régiment à Montbré près de Reims (voir l'union de lundi) s'annonce particulièrement difficile. Les premières auditions du meurtrier présumé, menées par les gendarmes de la section de recherche de Reims ne permettent pas encore d'expliquer son geste. Saura-t-on véritablement un jour ce qui a mené ce jeune homme de 17 ans et demi à commettre l'irréparable, au point d'assener pas moins de 20 coups de couteau à sa victime.
Rien n'est moins sur. Hier, Fabrice Belargent, le procureur de la République de Reims a renouvelé la garde à vue du jeune homme, « afin de permettre aux enquêteurs de reconstituer le fil des événements ».
Une fuite inexpliquée
Le représentant du parquet a surtout ordonné une expertise psychiatrique du garçon afin de déterminer si son état mental était compatible avec un placement en détention ou bien s'il fallait envisager un internement d'office. Effectivement, dès le début de sa garde à vue, cet engagé volontaire tient des propos décousus, souvent incohérents. Ce que confirme Fabrice Belargent.
« Il affirme qu'il n'existait aucun contentieux entre lui et sa victime », précise le procureur. Et pour cause ! L'auteur présumé des coups de couteau ne connaissait Damien Descamps que depuis 19 jours. L'un et l'autre n'ayant été incorporés au 501e RCC que le 3 novembre dernier. Ils se trouvaient en formation initiale, tout comme 25 autres engagés au moment du drame. Vers 6 h 30 ce jour-là, le gros de la troupe qui se trouvait en bivouac aux abords du fort de Montbré dort encore. Deux sentinelles montent la garde dont le soldat Damien Descamps. Une altercation éclate. Ce sont les cris des deux hommes qui donneront l'alerte.
« La personne visée semblait être le supérieur des deux hommes qui dormait sous une tente à proximité », précise Fabrice Belargent. Ce que le jeune garçon de 17 ans et demi ne parvient pas à expliquer, c'est l'acharnement dont il a fait preuve à l'égard de son camarade de régiment. Damien Descamps, en tant que sentinelle aurait représenté un obstacle entre son meurtrier présumé et leur supérieur. Il reste d'autres zones d'ombre à éclaircir en ce tout début d'enquête, notamment concernant la fuite de l'auteur des coups de couteau. « Il n'explique pas sa fuite ». Le jeune engagé ne donne aucune explication concernant les circonstances de sa reddition. Comment a-t-il rejoint l'hôtel de police de Reims où il a fini par se présenter en milieu d'après-midi ? Comment passer inaperçu avec un treillis maculé, sans doute, du sang de sa victime ?
On devrait en savoir un peu plus ce matin, à l'issue de la garde à vue du jeune homme.
Corinne Lange avec P.B





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