Publié le mercredi 25 novembre 2009 - Vu 8 fois
Le jeune soldat de 17 ans et demi a été présenté au juge d'instruction, hier matin.
PLACÉ en garde à vue depuis dimanche après-midi, le meurtrier présumé du jeune engagé du 501e RCC, Damien Descamps, a été extrait des locaux de la gendarmerie, hier matin, pour rejoindre le palais de justice où il a été présenté à un juge d'Instruction. Lundi soir, le procureur de la République, Fabrice Belargent, avait renouvelé sa garde à vue et ordonné une expertise psychiatrique du jeune engagé volontaire.
Au cours de ses auditions par les enquêteurs de la section de recherche de Reims, le jeune homme âgé de 17 ans et demi avait tenu des propos parfois décousus et souvent incohérents, sans véritablement expliquer son geste. C'est d'ailleurs ce qui avait poussé le procureur à ordonner cette expertise.
L'auteur des coups de couteau aurait, malgré tout, assuré qu'il n'existait aucun contentieux entre Damien Descamps et lui. Il aurait surtout expliqué qu'il visait son supérieur, un officier chargé d'encadrer les 27 jeunes engagés lors du bivouac de trois jours organisés à proximité du fort de Montbré.
Une version qui semble ne plus véritablement tenir la route depuis hier après-midi. Le jeune engagé a été mis en examen non pas pour meurtre mais sous le chef d'accusation d'assassinat. La différence est de taille puisque selon le code de procédure pénale, un meurtre commis avec préméditation constitue un assassinat. Il est puni de la réclusion criminelle à perpétuité. La préméditation a donc été retenue contre ce jeune homme. Plusieurs questions se posent à nouveau, des questions qui ne font qu'accentuer l'aspect opaque du dossier. Pourquoi, tant d'acharnement ? Damien Descamps, rappelons-le, avait succombé à 20 coups de couteau alors les deux hommes semblaient ne s'être jamais rencontrés avant leur incorporation commune le 3 novembre dernier.
« Il dit la vérité »
Jocelyn Poul, le substitut du procureur en charge du dossier, confirmait, hier soir, la mise en examen du militaire : « Le juge des libertés et de la détention a ordonné son placement en détention provisoire. Il a été placé, hier soir, dans un établissement pénitentiaire possédant une structure médicale en vu de sa prise en charge psychologique et psychiatrique ».
L'avocate du jeune homme, Me Marie-Pierre Saury a confirmé le placement en détention de son jeune client, sans toutefois vouloir préciser les circonstances dans lesquelles les faits se sont produits. « Il semble conscient de la gravité de ce qu'il a fait », a-t-elle juste confié. « Il dit la vérité. Il raconte les choses telles qu'elles se sont passées. » On n'en saura pas plus car l'avocate souhaite rester discrète sur la suite de cette affaire dont on n'est encore qu'au tout début.
C.L. et P.B.
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