Publié le mercredi 04 novembre 2009
Aussitôt prévenu des troubles, le premier magistrat sedanais s'est rendu sur place, où il a été pris à partie par des jeunes.
Jean-Marie Charlot
DIDIER HERBILLON n'a heureusement pas été blessé. Il aurait cependant pu recevoir une bouteille en plein visage l'autre soir, alors qu'il venait de stationner sa voiture au bas de la Tour Rubis, aux alentours de 22 heures, dimanche. Le maire avait été contacté sur son portable par des locataires de cet immeuble, tristement connu pour les exactions qui y sont régulièrement commises.
Trop bien faire !
Une fois de plus, une bande de jeunes - « toujours la même équipe », selon les témoignages des riverains - avait décidé de pourrir la vie des locataires en hurlant dans les couloirs, en tambourinant aux portes… Bref, en terrorisant tout le monde. Un climat d'insécurité qui dure depuis des mois et qui ne fait qu'empirer au fil des jours, ou plutôt des nuits : tags, insultes, intimidations en tous genres, portes défoncées, appartements squattés, bouteilles d'alcool vendues sous le manteau, trafic de stups, et bien sûr menaces de représailles si l'on porte plainte auprès de la police ou même si l'on témoigne.
« Lorsque j'ai été informé de ce qui se passait là-bas, j'ai prévenu les médiateurs de la Ville et la Police afin qu'ils interviennent et je me suis également déplacé » raconte Didier Herbillon.
En voulant presque trop bien faire, c'est-à-dire se rendre illico presto sur les lieux, le maire va avoir la désagréable surprise de se retrouver le premier sur place. Tout seul : « J'ai vu trois jeunes, devant l'entrée de la Tour. Ils avaient le visage à moitié dissimulé Je leur ai expliqué que j'étais Didier Herbillon, maire de Sedan. Ils étaient manifestement complètement ivres. Ils ont commencé à m'encercler et à m'insulter. Là, j'avoue que j'ai eu peur pour mon intégrité physique. Je suis retourné à ma voiture car, vu leur état d'excitation, je n'avais pas d'autre solution. C'est à ce moment que l'un des individus a violemment lancé en ma direction une bouteille de whisky. Je n'ai eu que le temps de l'éviter, mais elle n'est pas passée loin de mon visage. Elle a finalement terminé contre ma voiture. Et croyez bien que je n'aurais pas aimé la recevoir car il y a une sacrée bosse sur ma carrosserie ».
« Le maire, c'est pas toi »
Finalement, le trio prendra la fuite (apparemment en s'engouffrant dans l'immeuble), en voyant arriver à la rescousse un médiateur. À l'arrivée de la Police, tout le monde s'était envolé. Toutefois, une rapide enquête de voisinage aurait permis de recueillir certains éléments susceptibles de faire avancer l'enquête.
Certaines personnes ont assisté, depuis leur fenêtre à la scène. L'une d'entre elle raconte : « Le maire est arrivé vers eux très calmement et a commencé à leur parler. Aussitôt, ils se sont mis à éclater de rire. Apparemment, ils ne voulaient pas croire qu'ils avaient à faire au maire de Sedan. Il y en a un qui a crié : « Le maire de Sedan, c'est pas toi, c'est Dominique Billaudelle » (NDLR : Dominique Billaudelle, ancien maire de la ville, est décédé en juin 2007). Ensuite, j'ai bien vu qu'ils allaient s'en prendre à monsieur le maire. Heureusement, qu'il a pu regagner sa voiture à temps, sans ça, ça finissait mal… Mais, la bouteille, c'est quand même passé près… ».
Didier Herbillon a porté plainte lundi matin au commissariat. Et de préciser : « S'il faut être confronté à mes agresseurs pour que la Justice suive son cours, j'irai à cette confrontation sans état d'âme. C'est aussi au maire de montrer l'exemple, car cette loi du silence dans le quartier commence à bien faire ».
O.R.





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