Publié le lundi 05 octobre 2009 à 01H00 - Vu 19 fois
Le gérant de la supérette, Mustapha Faina, était installé depuis dix ans, allée des Béarnais. « J'emploie un salarié. Je ne sais pas ce que nous allons devenir. »
FC
«T OUT a brûlé ! Je n'ai plus rien. Ils ont cramé une voiture hier soir avenue Bonaparte et ils ont fini ici au magasin. C'est toujours les bons qui payent pour les mauvais. »
Gérant de la supérette du centre commercial Pays-de-France au quartier Croix-Rouge à Reims, Mustapha Faina est en plein désarroi. De son magasin, situé allée des Béarnais, il ne reste plus qu'une ruine fumante. Un violent incendie l'a détruit hier en fin de nuit. Un acte de malveillance, il en est convaincu, alors que les premières constatations policières menées dans les décombres n'ont pu formellement établir l'origine du sinistre.
Le contexte, il est vrai, donne du crédit à l'hypothèse criminelle. Il y a trois mois, des cambrioleurs avaient tenté de mettre le feu au magasin.
Grosse fumée
L'incendie d'hier s'est déclaré dans la réserve avant de se propager à la surface de vente. Les pompiers ont été prévenus à 5 h 10. De grandes flammes sortaient du toit à leur arrivée. Une quinzaine de sauveteurs ont été mobilisés pour éteindre le sinistre. « Notre principale difficulté a été de désenfumer le local. Le vent rabattait la fumée à l'intérieur », indique le capitaine Nicolas Ruinet, chef des opérations de secours. Le quartier aussi a été enfumé, jusqu'en milieu de matinée.
Spécialisé dans la vente de produits exotiques orientaux et africains, Mustapha Faina avait ouvert son magasin en 1999. Il emploie un salarié. « Je ne sais pas ce que nous allons devenir. C'était la seule supérette des Pays-de-France. Nous devions prochainement déménager dans le nouveau centre commercial en construction, de l'autre côté de la rue, mais je n'ai plus rien à mettre dedans. Mes congélateurs, mes frigos, mes étagères, mes rayons… J'ai tout perdu. Après une année difficile à cause des travaux, je n'avais pas besoin de ça. Ça fait mal au cœur. »
Un secteur chaud
Convaincu de l'origine criminelle du sinistre, le commerçant ne peut s'empêcher de faire le lien avec le cambriolage d'il y a trois mois. « C'était le 26 juin. Ils ont cassé la porte principale et volé plein d'affaires dans les rayons : des fruits, des bonbons. Ils ont tout transporté dans des paniers pour clients. Ils ont mis le feu avant de partir mais ça n'a pas pris. Il n'y avait pas eu beaucoup de dégâts. »
En dix ans de présence aux Pays-de-France, la supérette fut déjà cambriolée « plusieurs fois, avec les portes arrachées, mais il n'y avait jamais eu d'incendies. Aujourd'hui, c'est une nouvelle génération. C'est de plus en plus difficile ici. Pays-de-France est devenu un point chaud », regrette M. Faina
Aucun élément ne permet de rapprocher les différents événements entre eux mais force est de constater que ça brûle souvent dans le secteur. Pas plus tard que samedi, deux voitures ont flambé avenue Bonaparte, à quelques pas de l'allée des Béarnais, la première à 0 h 15 (une Renault 19), la seconde vers 20 heures (une Audi A6 avec propagation à une Peugeot).
Pays-de-France aura bientôt un centre commercial tout neuf, mais les scènes d'incendies restent à éradiquer du paysage.
Fabrice CURLIER
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