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LE DOSSIER ÉCO / L'innovation en marche avec Innovact

Publié le mardi 17 mars 2009 à 01H00 - Vu 91 fois


L'équipe rémoise de Télérelief avait déjà créé l'événement en 2007 sur le forum Innovact.

L'équipe rémoise de Télérelief avait déjà créé l'événement en 2007 sur le forum Innovact.

Herve Oudin


«Si l'on avait écouté certains détracteurs, on aurait déjà arrêté Innovact. » Avec le recul, François Cravoisier estime que Reims et la région commencent à recueillir les fruits de cet investissement à long terme. Pour le président de la CCI de Reims-Épernay, maître d'ouvrage d'Innovact, les éditions successives ont permis de forger la réputation d'un forum aujourd'hui connu et reconnu à une échelle européenne. L'opération n'est pas donnée (400.000 € de budget). Et l'on ne connaîtra jamais au juste ses retombées en termes de créations d'entreprises, d'emplois, ou de dépôts de brevet. Mais ce forum de la jeune entreprise innovante, treizième du nom, est un formidable levier pour aider de jeunes graines à germer. Deux jours durant des porteurs de projets, petits ou grands, auront l'occasion unique de s'informer, d'être conseillés et guidés sur toutes les étapes de la création et du développement de leur entreprise. C'est aussi une chance de se faire remarquer, d'attirer la curiosité d'acteurs de la recherche & développement, de susciter l'intérêt d'investisseurs et de possibles partenaires. Pour Reims, cette vitrine draine un courant d'affaires à l'échelle de la participation de 2.500 personnes. En dépit de la crise, le centre des congrès attend de nombreuses délégations venues de toute l'Europe. Et même du Québec. Les préoccupations de développement durable n'ont pas laissé les porteurs de projets à court d'idées. Les plus prometteurs seront récompensés à l'issue de ce forum ponctué de nombreuses conférences. Avec cette année un « Carrefour des possibles » sur l'innovation dans le numérique. Dossier : Dominique Herbemont


 


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Alexandre Proy est « Mister Energy »


 


Les artisans sont légion à se lancer sur le créneau des énergies durables. Pour Alexandre Proy, 27 ans, agriculteur avec son frère à Épernay, c'était déjà une passion. Avant même que des modes écolo s'en emparent. Hier conseiller et courtier en énergie, chargé d'études en développement durable, ce porteur de projet sera présent à Innovact pour présenter « Mister Energy ». Une SARL sparnacienne en bonne voie d'immatriculation, à laquelle est associé un artisan-chauffagiste. « Mister Energy est une plateforme énergétique qui travaillera avec un réseau d'installateurs spécialisés », résume Alexandre Proy. Le but ? « Créer un lien direct entre les secteurs de l'artisanat et du commerce. » Agent commercial auprès des artisans, moyennant commission, « Mister Energy » vendra également ses solutions en direct. De la production d'énergie (photovoltaïque, éolien, etc.) à l'éco-énergie (isolation chanvre, bilan carbone…) en passant par la fourniture et la consommation d'énergies renouvelables. « On va même vendre des contrats d'énergie verte. » Alexandre Proy veut toucher les particuliers comme les PME, dans une fonction de conseils personnalisés. « Un client peut rechercher à la fois des économies d'eau et de chauffage. » Or peu d'entreprises offrent des solutions globales. Alexandre Proy se pose en « expert en partenariats » pour mettre en relations des spécialistes qui soient complémentaires. Du conseil à la distribution et l'installation. « Il y a une solution pour une personne », explique-t-il en matière d'économies d'énergie. Si « Mister Energy » va monter en puissance par étapes, elle s'appuie sur des certitudes pour l'avenir : « On ne pourra plus consommer comme auparavant. » Dans le même temps, il a bien analysé que l'énergie resterait « un facteur prédominant du développement de nos économies ». A la condition de prendre le train de « la révolution verte ».


 


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Des « anciens » témoignent


 


Casques Bios. - En 2005, nous avions rencontré Catalin Obreja, venu présenter à Innovact son casque Bios. « Le premier casque au monde conçu pour répartir l'impact d'une manière adaptée à la résistance des différentes zones de la tête. » Neurochirurgien installé à Saint-Quentin, il a continué à promouvoir et à commercialiser ces casques sous couvert de la société NTCP. Si Innovact lui a ouvert des contacts, sa société se trouve un peu freinée dans son développement par la crise actuelle. Les casques Bios, qui sont fabriqués en France, et pour partie dans l'Aisne, ont rencontré une clientèle sportive par le biais d'internet et de boutiques spécialisées. Ce produit à fort potentiel s'exporte jusqu'en Irlande. Télérelief. - Lauréat d'Innovact, Télérelief y revient après avoir déjà parcouru un bon bout de chemin à Reims. « Nous avons fait la démonstration de la visualisation, en direct et en relief, d'une image réelle », explique le directeur, Didier Debons. « Innovact nous avait permis de mieux cadrer notre business plan, de faire évoluer notre financement, et de conforter l'intérêt du projet. » Installée à la pépinière Farman, la société emploie déjà une quinzaine de personnes qui seront rejointes pas une dizaine d'autres cette année. Trois brevets ont été déposés, des produits spécifiques ont été lancés, et des pré-partenariats engagés avec des sociétés de la région. Télérelief, qui s'apprête à ouvrir une troisième augmentation de capital, prévoit la commercialisation de ses logiciels d'ici cet été. « Ils permettront à des industriels de visualiser des fichiers 3D en relief, avec ou sans lunettes. » Une sacrée révolution élaborée en partenariat avec l'Université.


 


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Tous aux abris avec Abrytek


 


Saïd Dridi compare ses abris polyvalents à des capotes de landau. Il en a eu l'idée en abritant sa deuxième voiture avec une bâche et des pierres… Deux ans plus tard, il vient de créer sa société Abrytek dans les Ardennes. A Laval-Morency. Innovact lui donnera l'occasion de présenter ses différents modèles d'abris de jardin, de voiture, de matériaux, etc. « Je cherche des revendeurs, et surtout des contacts. » Bricoleur dans l'âme, Saïd Dridi, qui fut travailleur social, puis agent commercial, a tout lâché pour s'investir dans cette innovation. Ses bâches de 2,70 m de large sur 5,20 m de long se déplient jusqu'au sol pour couvrir une surface de 14 m2. Testées par un fabricant de bâches pour camions, elles sont produites dans les Ardennes. Malgré la crise, Saïd Dridi est optimiste. Légères, modulables, faciles à monter, ses bâches sont plus économiques qu'un abri en dur (1.500 à 1.600 €). « Même la fédération des carpistes des Ardennes s'est montrée intéressée. » Des mairies y ont aussi vu l'intérêt de faire imprimer le blason de leur ville.


 


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Deux journées d'ateliers et de conférences


 


Introduit le lundi 23 mars par les assises régionales « Recherche et entreprises », le forum Innovact est ponctué par toute une série d'événements et de rendez-vous. MARDI 24 MARS. A 9 h 30 « les ateliers bonnes pratiques » : financement de l'amorçage, export en Europe, pacte d'actionnaires, écrire un bon business plan, etc. A 10 h 30, lancement du pôle birégional Lorraine-Champagne Matéralia. 14 heures : inauguration des universités des agroressources à l'initiative du pôle IAR. 14 h 30 : conférence inaugurale sur « le développement durable, une formidable opportunité de croissance », suivie à 15 h 30 du lancement des Prix durables Actine stratégies. A 16 heures, remise des Espoirs européens de l'innovation (28 sélectionnés pour 3 lauréats). 17 h 30 : « le carrefour des possibles » suivi, à 19 heures, d'un cocktail d'échanges avec les porteurs de projets. MERCREDI 25 MARS. Les ateliers « bonnes pratiques » à partir de 9 h 30 : composer la bonne équipe, recruter des talents, la propriété intellectuelle, sélectionner son marché, définir son offre, les aides nationales, etc. Présentation à 9 h 30 du centre commun de recherche par la commission européenne. A 10 h 30, lancement du 9e concours européen de l'entreprise innovante par la Jeune chambre économique française. A 11 heures, table ronde sur « Les pôles de compétitivité, la vertu du travail collaboratif ». A 14 heures, interview européenne avec des échanges sur les bonnes pratiques européennes et canadiennes de l'accompagnement de la jeune entreprise innovante. A 16 h 30, remise du 13e trophée Innovact.


 


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« Tous les projets méritent d'être étudiés »


 


Délégué Oséo à l'innovation en Champagne-Ardenne, Reynald Renesson ne constate pas de diminution de projets de création dans ce domaine. Malgré la crise. « Il existe beaucoup de dispositifs fiscaux pour aider les jeunes entreprises innovantes. Oséo propose une expertise et des outils pour se lancer à moindre coût. » Quels sont ces outils d'accompagnement qu'offre Oséo ? « Notre vocation de mise en relation et de conseils est au moins aussi importante que le financement de projets. Nous avons au préalable un rôle d'analyse des projets de jeunes entreprises innovantes sous tous leurs aspects. Et en particulier sous l'angle technologique. Oséo gère les concours du ministère de la Recherche dotés de subventions allant de 45.000 à 450.000 €. Oséo peut verser des avances remboursables, des prêts à la création d'entreprises en lien avec les banques qui ne sortent pas de freins actuellement pour l'innovation, et d'autres dispositifs de garantie bancaire. » Mais l'argent ne fait pas tout ? « Au-delà de l'évaluation d'un projet sur son degré d'innovation, il faut mesurer ses avantages concurrentiels et techniques. Mon rôle est également d'évaluer l'accès aux marchés d'une jeune entreprise innovante. Tous les projets méritent d'être étudiés. Même s'ils sont trop souvent un peu déconnectés des réalités commerciales. Ce qui est le cas dans les biotechnologies ou les télécoms. Il faut les recadrer, donner un phasage chronologique à leur développement. Ce qui suppose des compétences complémentaires. » Est-ce un élément essentiel ? « Il faut savoir canaliser l'euphorie de porteurs de projets qui ont souvent une connotation purement technique et scientifique. Les gens que nous accueillons ont généralement un bon bagage en formation initiale, ou acquis par leur expérience. Ils ne sont habituellement pas en situation de demande d'emploi. Les profils sont assez hétéroclites, de jeunes âgés d'une vingtaine d'années à des sexagénaires. S'ils ont de l'expérience professionnelle, le facteur relationnel est aussi très important. Il faut savoir s'entourer des bonnes compétences. Dans le cas contraire, cela peut devenir une cause d'échec majeure. » Comment s'assurer qu'un projet innovant ne va pas disparaître mort-né, ou bien être repris par plus gros que lui ? « On ne peut pas présager de ce que fera un porteur de projet de son idée. Il ne se réalise jamais tel qu'il avait été esquissé sur le papier. A nous d'essayer de mesurer les risques. Dans les biotechnologies par exemple, les transferts de technologie sont obligatoires à un moment donné. Les efforts financiers sont tellement conséquents qu'il faut pouvoir s'appuyer sur un partenaire, et dans un environnement industriel existant. » La Champagne-Ardenne rattrape-t-elle ses retards dans les domaines de l'innovation ? « La région ne figure pas parmi les premières en matière de recherche & développement et d'innovation en recherche technologique. Il reste des efforts à mener pour améliorer la cohérence du monde scientifique et technique dans un contexte d'applications commerciales. Mais des efforts ont été faits, je suis optimiste pour la région. A l'échelle d'Oséo, nos aides ont augmenté de moitié entre 2006 et 2008. »

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