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LE DOSSIER ÉCO / Le papy-boom donne un coup de jeune aux affaires

Publié le mardi 24 mars 2009 à 01H00 - Vu 102 fois


SERVICES ET AIDE A DOMICILE Mr DIDIER SALZARD, RESPONSABLE "DOM'AISNE SERVICES" Ë SOISSONS ( LUNETTES ) SOPHIE L'AUXILIAIRE DE VIE AIDE AU QUOTIDIEN. POUR Mr DENICOURT, 83 ANS , C'EST UN PLAISIR ( PHOTO POUR JULIEN BOUILLƒ )

Jean-Marie CHAMPAGNE


Une clientèle pas commode


 


 


100 % senior, telle est la clientèle du restaurant-cabaret-dancing « La Belle Epoque », à Reims, qui, depuis 16 ans, surfe sur le marché de la nostalgie. « Chez nous, les gens retrouvent l'esprit des guinguettes d'antan », souligne André Erhart, patron de l'entreprise familiale. Au catalogue, on trouve des animations type fête de la bière, des journées brésiliennes et bien sûr l'inoxydable thé dansant du dimanche après-midi, animé par des musiciens.

L'avènement du papy-boom et de ses hordes de retraités en quête de loisirs aurait pu doper l'activité de cet établissement unique dans la région. Pourtant, « La Belle Epoque » plafonne à 25.000 convives annuels. « Depuis 2005, on constate que certains de nos habitués, qui sont désormais à la retraite, viennent moins souvent. Avant ils étaient là tous les samedis soir sans exception. Maintenant, on ne voit certains plus que tous les trois mois, au moment du versement de leur complémentaire », explique André Erhart, pointant du doigt la baisse du pouvoir d'achat des retraités.

Si les seniors ne viennent plus à « La Belle Epoque », elle vient à eux. Pour se maintenir, les Erhart travaillent davantage avec les autocaristes pour attirer une clientèle habitant à 200 km à la ronde, de la région parisienne à la Lorraine.

Sur le marché des loisirs, la clientèle senior a ses particularités. « Ce sont des vrais enfants avec leurs exigences et leurs caprices, mais ne leur dites surtout pas, ils ont la tête près du bonnet », résume Chantal Ehrart.

Pour compliquer les choses, les plus de cinquante ans n'aiment pas que les pros du marketing les qualifient de « seniors » même s'ils ont passé le cap depuis un moment. Dans les catalogues des tours operators, on n'utilise pas cette appellation même si la génération de l'après-guerre, à la retraite ou proche de la retraite, est particulièrement voyageuse. « Ils se considèrent comme des gens normaux, ils ne veulent pas se sentir ghettoïsés », explique Jean-Michel Gohiez, directeur de Carlson Wagons-lits à Reims. Seule la SNCF semble nager à contre-courant avec son indéboulonnable « carte senior » qui désigne la clientèle aux tempes grises de plus de 60 ans.


 


 


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Services à la personne : une idée de reconversion


 


 


Le virage de la cinquantaine s'annonçait glissant pour Didier Salzard, directeur administratif et financier d'une entreprise de transport de Soissons qui a déposé le bilan en 2006. Après deux années de recherches infructueuses, l'ex « Daf » a décidé de créer son propre emploi pour se lancer, il y a un an, dans le service à la personne. Ménage, repassage, jardinage, aide à la toilette et aux repas sont au cœur de sa nouvelle activité. « Je voulais finir ma carrière en me rendant utile aux autres. Je m'épanouis aujourd'hui dans cette activité économique qui n'est pas uniquement marchande, mais qui a aussi une dimension sociale ». La dimension manageuriale est également très présente.

L'ex « Daf » a investi au total 60.000 €, dont 35.000 € de droits d'entrée versés à son franchiseur « Junior Senior ». C'est moitié moins qu'exigeait le garage qu'il voulait lancer avec un associé. « Mais, dans le service à la personne, il ne faut pas compter gagner des millions », prévient-il. Didier Salzard ne s'accorde qu'un « mini-salaire » de 500 € par mois. L'intervention facturée entre 18,70 € et 26 € de l'heure permet de dégager une marge brute de 6 € à 7 €. Et avec cela il faut payer toutes les charges, rembourser la banque et verser les 5 % redevance au franchiseur qui établit factures et fiches de paies. S'il voulait retrouver son ancien salaire, l'ex-Daf devrait multiplier par trois son volume d'activité, de 530 heures par mois actuellement. Patience…


 


 


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Les « gérontechnologies » aux petits soins pour les plus âgés


 


 


Ils les portent en médaillon ou au poignet. Ces objets un peu futuristes ne servent pas à faire beau mais sont utiles. Répondant au nom un peu obscur de « télétransmetteurs », ils aident les individus fragiles à donner l'alerte en cas de malaise ou de chute. Le simple fait d'appuyer sur un bouton permet d'entrer un contact avec un opérateur susceptible lui-même d'avertir quatre personnes (choisies au préalable par l'abonné) ou des services d'urgence.

Les assurances et les mutuelles se sont mises sur le marché. C'est le cas de la MSA qui a déjà plus de 69.500 abonnés dans les départements Marne, Ardennes et Meuse. Cette activité a représenté un chiffre d'affaires de 758.000 euros en 2008. Facturé 28 euros par mois, le service « Présence Verte » est géré par une association qui travaille en partenariat avec les CCAS, les collectivités, les professionnels de santé et les organismes logeurs.

Cette veille médicale est le premier stade de la « télémédecine ». Cette discipline a un fort potentiel de développement et les recherches sont nombreuses. La société marnaise Axon'fera demain, dans le cadre du salon Innovact à Reims, une démonstration de ses dernières innovations. Il s'agit notamment d'une valise capable d'enregistrer en quelques minutes les fonctions vitales d'une personne et de les transmettre à une compétence médicale à distance. En somme on s'approche du toubib virtuel.


 


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« Un marché de 130 milliards »


 


 


Frédéric Serrière, cofondateur de la société de conseil en marketing, « senior strategic ».

À quelle population correspond le marché des seniors ?

Généralement, il englobe la génération des baby-boomers, qui a aujourd'hui entre 50 et 63 ans, et celle des seniors, à proprement parler, qui ont plus de 63 ans.

Pourquoi ce marché émerge-t-il aujourd'hui ?

Parce qu'avec les baby-boomers, les seniors n'ont jamais été aussi nombreux et jamais aussi aisés. Le revenu disponible net des plus de 60 ans est plus important encore lorsque leurs enfants sont partis du foyer, que les femmes ont travaillé toute leur vie et que le remboursement de la résidence principale est achevé. C'est aussi une génération qui a profité des Trente glorieuses et de l'inflation de l'immobilier.

Avec la crise économique, les entreprises voient dans le marché des seniors l'un des seuls moyens de ne pas chuter dans les prochaines années.

Combien pèse ce marché ?

On estime qu'il s'élève aujourd'hui à 130 milliards €.

Comment les entreprises profitent de ce marché ?

Certaines entreprises misent spécifiquement sur les seniors. Parmi elles, il y a les historiques telles que Damart ou Age d'Or Service, une société de service à la personne créée il y a déjà vingt ans à Troyes.

Ensuite, il y a des entreprises qui viennent de s'y mettre. C'est le cas de Doro, anciennement Matra Télécom, qui met au point des téléphones à grosses touches plus faciles à utiliser, par exemple, pour les baby-boomers souffrant de presbytie.

Il y aussi les très gros groupes, comme Danone, Nestlé ou les banques, qui réfléchissent aux façons de développer des produits spécifiques.

L'affichage « produit pour senior » est-il systématique ?

Non. Par exemple, les produits Primever et Pro-activ (beurres allégés) sont destinés aux seniors mais ne l'affichent pas.

Le mot « senior » est très généralement refusé par les jeunes seniors et les baby-boomers. Les produits de grande consommation estampillés senior ont tous été arrêtés, sauf la carte senior de la SNCF. Les entreprises préfèrent communiquer par rapport à un bénéfice produit que par rapport à une appellation. Par exemple, Décathlon ou Go Sport vont vendre un appareil de musculation en précisant simplement qu'il protège les articulations.

En matière de santé, quels produits émergent ?

Aujourd'hui se développent des « gérontechnologies » qui permettent le maintien à domicile des personnes âgées et la télé médecine ou de surveiller l'état de santé à distance.

Il y a une explosion du nombre de personnes très âgées et il est souvent moins cher de les laisser chez eux que de les mettre en maison de retraite. Les conseils généraux poussent dans ce sens car ils savent qu'ils ne peuvent pas augmenter les impôts pour financer l'APA (allocation personnalisée d'autonomie) qui est de plus en plus sollicitée.

Enfin, Orange Santé développe une montre qui localise les personnes et surveille certains éléments de la santé des personnes, en les transmettant à un central.

Mais qui peut payer ces services ? La Sécu ? On ne sait pas encore.

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jp2

25/03/2009 à 09h55

Les gérontechnologies sont en effet en plein essor, elles aboutissent à de nombreuses innovations permettant le bien-vieillir de nos aînés.
un portail internet leur est dédié : http://www.gerontechnologie.net
Merci pour cet article qui contribue à faire connaitre cette discipline.

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